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12 juin 2026
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La hausse continue du prix du riz et du maïs préoccupe les élus provinciaux de la Tshopo. Lors d’une intervention remarquée à l’Assemblée provinciale ce mercredi 10 juin 2026, le député provincial Senold Tandia Akomboyo a présenté une analyse détaillée des causes de cette situation et formulé plusieurs recommandations destinées à renforcer la production agricole et à soulager les ménages.

Alors que les prix des produits de première nécessité poursuivent leur ascension sur les marchés de Kisangani, le député provincial Senold Tandia Akomboyo appelle à une réaction rapide des autorités pour éviter une aggravation de la situation alimentaire dans la province de la Tshopo.

S’exprimant devant l’Assemblée provinciale en présence de la ministre provinciale de l’Agriculture, l’élu de la ville de Kisangani a livré une analyse approfondie des difficultés qui affectent actuellement les filières agricoles locales, en particulier celle du riz, devenu ces dernières semaines l’un des principaux sujets de préoccupation des consommateurs.

Selon lui, la flambée des prix trouve d’abord son origine dans une baisse de l’offre consécutive à une faible production enregistrée lors de la saison agricole B de l’année 2025. Parmi les facteurs évoqués figurent le retard dans les semis, les perturbations climatiques ainsi que les difficultés liées à la distribution des intrants agricoles.

« Le gouvernement provincial doit garantir le respect du calendrier agricole et s’assurer que les intrants atteignent effectivement les producteurs », a-t-il plaidé.

Pour prévenir de nouvelles pénuries, Senold Tandia estime également nécessaire de diversifier les méthodes de production. Il recommande notamment la promotion simultanée du riz pluvial et du riz irrigué, avec l’appui du Programme national riz (PNR), afin d’améliorer les rendements agricoles et de réduire la dépendance aux aléas climatiques.

L’élu a par ailleurs attiré l’attention sur les importantes quantités de semences déjà disponibles pour la prochaine saison culturale. Selon les chiffres présentés à l’Assemblée provinciale, la Tshopo dispose de plus de 46 tonnes de semences de riz provenant notamment de l’INERA, des agri-multiplicateurs et d’autres partenaires agricoles, auxquelles s’ajoutent les semences détenues par les producteurs privés.

Mais pour le député, la problématique ne se limite pas à la production. Il estime que la demande exerce également une forte pression sur le marché local.

La production de riz de la Tshopo alimente non seulement la consommation provinciale, mais aussi celle de plusieurs provinces voisines. À cela s’ajoute l’intervention d’importants acheteurs industriels qui se fournissent massivement dans les bassins de production locaux.

Le député cite notamment la société Busira-Lomami, qui transforme et commercialise le riz vers Kinshasa, ainsi que la Bralima, qui utilise une partie de cette production dans son processus industriel.

Face à cette situation, Senold Tandia recommande au gouvernement provincial de prendre des mesures temporaires afin de préserver l’approvisionnement local.

« Il faut contingenter la quantité de riz qui quitte la province, tout en privilégiant les zones en guerre, et traquer les spéculateurs qui contribuent à l’augmentation des prix », a-t-il déclaré.

À moyen terme, il préconise également d’impliquer davantage les grandes entreprises consommatrices de riz dans le financement de la production agricole locale afin de réduire la pression exercée sur les récoltes.

Au-delà des cultures vivrières, l’élu provincial a également consacré une partie de son intervention aux cultures pérennes, notamment le cacao et le café, secteurs considérés comme stratégiques pour la diversification de l’économie provinciale.

S’il a salué les efforts entrepris par le gouvernement provincial dans la mise en place des pépinières de cacao, il s’est montré préoccupé par la qualité de certaines semences récemment distribuées aux producteurs.

Selon lui, plusieurs lots présenteraient un faible taux de germination, ce qui pourrait compromettre les ambitions de la Tshopo de devenir un important bassin de production cacaoyère à l’échelle nationale.

Dans ce contexte, il a invité le ministère provincial de l’Agriculture à renforcer les mécanismes de contrôle afin de garantir la qualité des semences destinées aux agriculteurs.

Cette intervention intervient alors que la hausse des prix des denrées alimentaires suscite de vives inquiétudes à Kisangani. Les ménages constatent depuis plusieurs semaines une augmentation sensible du coût du riz, du maïs et d’autres produits de consommation courante.

Pour de nombreux observateurs, les propositions formulées par Senold Tandia relancent le débat sur la nécessité de renforcer la production agricole locale et d’améliorer l’encadrement des filières stratégiques afin de garantir la sécurité alimentaire de la province.

Alors que la prochaine saison agricole approche, les producteurs, les autorités provinciales et les partenaires du secteur agricole sont désormais attendus sur la mise en œuvre de solutions concrètes capables d’inverser la tendance et de stabiliser durablement les prix sur les marchés de la Tshopo.

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