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9 juin 2026
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Vingt-six ans après la guerre des six jours qui a ensanglanté Kisangani, les souvenirs demeurent vivaces chez les survivants. Parmi eux, une infirmière revient sur les moments de terreur qu’elle a traversés au cœur des affrontements, alors que la ville était plongée dans le chaos et les bombardements.

Le temps a passé, mais certaines blessures restent profondément ancrées dans la mémoire collective des habitants de Kisangani. Vingt-six ans après la guerre des six jours, qui avait opposé en juin 2000 les armées rwandaise et ougandaise sur le sol congolais, les témoignages des survivants continuent de rappeler l’ampleur de cette tragédie qui a marqué l’histoire de la Tshopo.

Parmi ces voix figure celle d’une infirmière qui, à l’époque des événements, exerçait dans un établissement de santé de la ville. Aujourd’hui encore, elle se souvient avec émotion des journées passées sous les tirs d’artillerie et des scènes de détresse auxquelles elle a été confrontée.

« Nous ne savions pas si nous allions survivre jusqu’au lendemain. Les explosions étaient partout. Les blessés arrivaient sans arrêt et nous faisions tout notre possible pour les sauver malgré le manque de moyens », confie-t-elle en évoquant cette période sombre.

Durant six jours, Kisangani s’était transformée en véritable champ de bataille. Les combats entre les forces rwandaises et ougandaises avaient provoqué la mort de centaines de civils et causé d’importants dégâts matériels. Des quartiers entiers avaient été touchés par les bombardements, poussant de nombreuses familles à fuir ou à se réfugier dans des conditions extrêmement précaires.

Pour les personnels de santé, la situation était particulièrement difficile. Les structures médicales étaient débordées par l’afflux de blessés, tandis que les médicaments et les équipements se faisaient rares. Malgré les risques, médecins, infirmiers et volontaires avaient poursuivi leur mission auprès des victimes.

L’infirmière se rappelle notamment des moments où elle devait traverser des zones exposées aux tirs pour porter assistance aux blessés. Chaque déplacement pouvait être fatal, mais l’urgence humanitaire imposait d’agir.

Au-delà des pertes humaines, la guerre des six jours a laissé des séquelles profondes dans la société boyomaise. Plusieurs familles portent encore le poids du deuil, tandis que de nombreux survivants continuent de vivre avec les traumatismes psychologiques liés à cette période.

Chaque année, les commémorations organisées à Kisangani permettent de rendre hommage aux victimes et de rappeler les conséquences des conflits armés sur les populations civiles. Elles constituent également un appel à la préservation de la paix et au respect de la souveraineté nationale.

Pour les nouvelles générations, qui n’ont pas connu directement ces événements, les récits des survivants jouent un rôle essentiel dans la transmission de la mémoire collective. Ils permettent de comprendre les souffrances endurées par la population et l’importance de prévenir toute résurgence de violences similaires.

Vingt-six ans après les affrontements, le témoignage de cette infirmière illustre le courage silencieux de nombreux Congolais qui ont continué à servir leur communauté au péril de leur vie. Son histoire rappelle que derrière les chiffres et les récits historiques se trouvent des femmes, des hommes et des familles dont l’existence a été bouleversée à jamais par la guerre.

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