
La Haute Cour militaire a acquitté quatre militaires qui avaient été condamnés à mort en première instance dans l’affaire du meurtre de deux assaillants capturés lors de l’attaque du Palais de la Nation en mai 2024. Cette décision marque un tournant majeur dans l’un des dossiers judiciaires les plus suivis depuis la tentative d’attaque menée par le mouvement New Zaïre à Kinshasa.
Près de deux ans après l’attaque du Palais de la Nation qui avait secoué la capitale congolaise, la Haute Cour militaire a rendu un arrêt important dans le volet judiciaire lié au traitement des assaillants capturés après les événements.
Réunie en appel, la juridiction militaire a prononcé l’acquittement de quatre militaires qui avaient été condamnés à la peine de mort par la Cour militaire de Kinshasa-Gombe. Les prévenus étaient poursuivis pour le meurtre de deux assaillants arrêtés lors de l’attaque revendiquée par le mouvement New Zaïre de Christian Malanga.
Lors du prononcé de l’arrêt, le président de la composition, le général de brigade magistrat Jean-Paulin Ntshayikolo, a justifié cette décision en estimant que les faits reprochés n’étaient pas suffisamment établis.
« Faisant ce qu’aurait dû faire le premier juge, la Haute Cour dit non établie à leur charge l’infraction de meurtre des deux assaillants et, en conséquence, les en acquitte », a déclaré le magistrat.
À la suite de cet arrêt, la Haute Cour militaire a ordonné la libération immédiate du lieutenant-colonel John Luhembwe de la Garde républicaine, du sergent Pierre Lumbala Numbi, du caporal Job Ngandu Mbombo et du caporal Dominique Matamba.
L’affaire trouve son origine dans les événements du 19 mai 2024, lorsqu’un groupe d’hommes armés avait attaqué le Palais de la Nation ainsi que la résidence de l’ancien vice-Premier ministre Vital Kamerhe. Cette opération avait été attribuée au mouvement New Zaïre, dirigé par Christian Malanga, décédé lors de l’intervention des forces de sécurité.
Après l’échec de cette attaque, plusieurs assaillants avaient été neutralisés tandis que d’autres avaient été arrêtés. Deux d’entre eux, présentés comme de nationalité étrangère, avaient trouvé la mort après leur capture, donnant lieu à l’ouverture d’une procédure judiciaire contre plusieurs membres des forces de sécurité.
En première instance, la justice militaire avait retenu la responsabilité de quatre militaires dans ces décès et les avait condamnés à la peine capitale. Le sous-lieutenant Nzuzi Lubela avait quant à lui écopé d’une peine de dix ans de servitude pénale pour violation des consignes militaires.
L’arrêt rendu par la Haute Cour militaire vient ainsi modifier de manière significative les conclusions du premier procès. Cette décision illustre également le rôle de l’instance d’appel dans le réexamen des éléments de preuve et l’appréciation des responsabilités individuelles dans des dossiers complexes.
Au-delà du sort des militaires concernés, cette affaire demeure étroitement liée à l’une des attaques les plus marquantes enregistrées ces dernières années contre les institutions de la République. Elle continue de susciter l’attention de l’opinion publique en raison de ses implications sécuritaires, politiques et judiciaires.
Avec cet acquittement, un nouveau chapitre s’ouvre dans ce dossier. Reste désormais à savoir quelles seront les suites judiciaires concernant les autres aspects de l’affaire liés à l’attaque du Palais de la Nation et aux personnes impliquées dans cette tentative de déstabilisation des institutions congolaises.
