
Invité de l’émission Dialogue intercongolais de Radio Okapi, le député national Patrick Matata Makalamba a défendu la proposition de loi portant organisation du référendum en République démocratique du Congo. Pour l’élu de Kisangani, ce texte vise à renforcer l’exercice direct de la souveraineté populaire sur les grandes orientations de la Nation.
Le débat autour de la proposition de loi relative à l’organisation du référendum en République démocratique du Congo continue de susciter des réactions au sein de la classe politique et de l’opinion publique. Alors que le texte a déjà été adopté par l’Assemblée nationale et transmis au Sénat pour examen, ses défenseurs et ses détracteurs s’affrontent sur sa portée réelle et ses implications pour l’avenir institutionnel du pays.
Invité de l’émission Dialogue intercongolais de Radio Okapi, le professeur et député national Patrick Matata Makalamba a apporté plusieurs éclaircissements sur les motivations qui sous-tendent cette initiative législative.
Selon lui, la proposition de loi s’inscrit dans le strict respect de la Constitution, notamment de son article 5 qui consacre la souveraineté du peuple congolais.
« Tout pouvoir émane du peuple », a rappelé l’élu, soulignant que le référendum constitue l’un des mécanismes prévus par la Constitution pour permettre aux citoyens de s’exprimer directement sur les grandes questions engageant l’avenir de la République.
Pour Patrick Matata, l’objectif principal du texte est de renforcer les outils démocratiques mis à la disposition des Congolais afin qu’ils puissent participer directement aux choix fondamentaux de la Nation.
Cette position intervient dans un contexte marqué par des critiques de plusieurs acteurs politiques et organisations de la société civile. Ces derniers redoutent que l’adoption de cette loi ne serve de prélude à une réforme plus profonde de l’architecture institutionnelle du pays, voire à l’élaboration d’une nouvelle Constitution.
Face à ces préoccupations, le député national rejette toute accusation de démarche anticonstitutionnelle. Il soutient que la loi ne fait qu’établir un cadre juridique permettant au peuple d’exercer un droit déjà reconnu par la Constitution.
Au cours de son intervention, Patrick Matata a également évoqué l’hypothèse d’une éventuelle Assemblée constituante dans le cas où le peuple déciderait démocratiquement de revoir le pacte constitutionnel. Il a mis en avant un amendement prévoyant une représentation élargie des institutions nationales et provinciales.
Selon cette proposition, une telle Assemblée pourrait réunir les députés nationaux, les sénateurs, les députés provinciaux, les gouverneurs et vice-gouverneurs des provinces ainsi que les conseillers municipaux. Une configuration que l’élu estime plus représentative de la diversité institutionnelle du pays.
Au-delà du débat juridique, Patrick Matata a plaidé pour une réflexion approfondie sur le fonctionnement des institutions congolaises. Faisant référence aux difficultés persistantes observées depuis plusieurs années dans les domaines de la gouvernance, du développement économique et de la stabilité institutionnelle, il estime qu’une évaluation objective du système actuel demeure nécessaire.
S’appuyant sur les travaux du philosophe des sciences Thomas Kuhn, il a évoqué la nécessité d’un « changement de paradigme » lorsque les mécanismes existants ne produisent plus les résultats escomptés.
Concernant les inquiétudes liées à la situation sécuritaire dans l’Est du pays, où plusieurs provinces demeurent confrontées à l’activisme des groupes armés, Patrick Matata considère que ces défis ne doivent pas empêcher les Congolais de réfléchir à l’avenir de leurs institutions.
Pour lui, la réflexion sur les réformes politiques et institutionnelles doit se poursuivre parallèlement aux efforts engagés pour restaurer la paix et la sécurité sur l’ensemble du territoire national.
En conclusion, le député national a appelé les différents courants d’opinion à privilégier le débat démocratique et la confrontation des idées. Selon lui, la question du référendum doit avant tout être abordée comme une opportunité offerte au peuple congolais d’exercer directement sa souveraineté sur les choix majeurs qui engagent l’avenir du pays.
