
La tension est montée d’un cran ce vendredi 12 juin 2026 à Kinshasa lors du sit-in organisé par l’opposition contre le projet de révision constitutionnelle. Après la dispersion du rassemblement par les forces de l’ordre, Martin Fayulu a affirmé que deux personnes avaient été tuées et plusieurs autres blessées, des allégations qui n’ont pas encore fait l’objet d’une confirmation officielle.
La manifestation convoquée par la coalition de l’opposition C64 aux abords du Palais du Peuple a tourné à l’affrontement ce vendredi dans la capitale congolaise. Alors que plusieurs leaders politiques et leurs partisans tentaient de rejoindre le lieu du sit-in annoncé contre le projet de révision de la Constitution et la loi sur le référendum récemment adoptée par l’Assemblée nationale, les forces de sécurité sont intervenues pour disperser le rassemblement.
Quelques heures après les incidents, Martin Fayulu, président de l’Engagement pour la Citoyenneté et le Développement (ECiDé), a livré un témoignage alarmant depuis le siège de son parti où il s’était retranché avec plusieurs responsables de l’opposition.
« Nous sommes blessés, gravement blessés. On ne peut pas sortir parce que la police est là en train d’aider les éléments de la Force du Progrès », a déclaré l’opposant au téléphone.
Selon lui, les affrontements auraient fait au moins deux morts parmi les manifestants.
« Ils ont déjà tué deux personnes devant le siège et ont pris les corps », a-t-il affirmé, accusant les forces intervenues sur le terrain d’avoir utilisé des moyens excessifs pour disperser la foule.
Martin Fayulu soutient également que les manifestants ont été repoussés jusqu’aux environs du Palais du Peuple avant que la situation ne dégénère.
« Quand nous sommes arrivés, ils ont vu qu’ils ne pouvaient rien faire. Ils ont commencé à tirer à balles réelles, puis ils se sont approchés et ont sorti des matraques pour nous frapper sur la tête », a-t-il poursuivi.
L’opposant a par ailleurs indiqué que plusieurs personnes avaient été blessées au cours des échauffourées, parmi lesquelles Jean-Marc Kabund, autre figure de l’opposition congolaise.
Les événements surviennent dans un climat politique particulièrement tendu autour du débat sur une éventuelle réforme constitutionnelle. Depuis plusieurs semaines, l’opposition multiplie les critiques contre ce processus qu’elle considère comme une menace pour l’équilibre institutionnel du pays, tandis que les partisans du projet défendent une démarche qu’ils présentent comme relevant de la souveraineté populaire.
Avant la manifestation, les autorités provinciales de Kinshasa avaient annoncé l’interdiction de tout rassemblement devant le Palais du Peuple et avaient invité les organisateurs à choisir un autre site pour leur mobilisation. Un important dispositif policier avait également été déployé dans le secteur dès les premières heures de la journée.
À l’heure où nous publions cet article, aucune source officielle n’avait encore confirmé le bilan avancé par Martin Fayulu. Ni la Police nationale congolaise ni les autorités gouvernementales ne s’étaient prononcées sur les accusations formulées par l’opposition concernant les circonstances des incidents.
Alors que les réactions continuent de se multiplier, cette nouvelle séquence de tensions politiques pourrait raviver le débat sur les libertés publiques, le droit de manifester et la gestion des rassemblements politiques en République démocratique du Congo. Les prochains jours devraient permettre d’établir avec davantage de précision le bilan humain et les responsabilités liées aux événements survenus ce vendredi à Kinshasa.
