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12 juin 2026
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L’ancien président de la République, Joseph Kabila Kabange, est sorti de son silence jeudi 11 juin 2026 pour dénoncer le processus de révision constitutionnelle engagé en République démocratique du Congo. Dans un message adressé à la Nation, il a appelé les Congolais à se mobiliser pour défendre la Constitution du 18 février 2006, tout en accusant le président Félix Tshisekedi de s’écarter de ses engagements constitutionnels.

La tension politique autour du débat sur la révision de la Constitution continue de s’intensifier en République démocratique du Congo. Dans un communiqué rendu public jeudi 11 juin, l’ancien chef de l’État Joseph Kabila a pris position contre la récente adoption par l’Assemblée nationale de la proposition de loi portant organisation du référendum, un texte désormais transmis au Sénat.

Dans cette déclaration signée depuis le Bureau du Président honoraire, Joseph Kabila estime que cette démarche constitue une remise en cause de l’ordre constitutionnel établi depuis près de vingt ans. Il qualifie l’initiative de « forfaiture manifeste » et accuse le pouvoir en place de vouloir engager le pays sur une voie qu’il juge dangereuse pour la démocratie.

L’ancien président soutient que la révision de la Constitution, telle qu’elle est actuellement envisagée, risque d’affaiblir les acquis démocratiques obtenus au fil des années. Selon lui, la République démocratique du Congo traverse déjà une période marquée par de multiples défis sécuritaires, économiques et sociaux qui exigeraient davantage de cohésion nationale.

Dans son message, Joseph Kabila a également critiqué la gouvernance actuelle du pays, évoquant ce qu’il considère comme une concentration excessive du pouvoir et une réduction progressive des espaces démocratiques.

« Le pays est gouverné de manière arrogante, liberticide et prédatrice », affirme-t-il, estimant que cette situation pourrait conduire à une aggravation des tensions politiques.

S’appuyant sur l’article 64 de la Constitution, qui fait obligation à tout citoyen de faire échec à toute prise ou exercice du pouvoir en violation des dispositions constitutionnelles, l’ancien président a lancé un appel à la mobilisation des forces vives de la Nation.

« J’appelle à la mobilisation de toutes les forces vives de la Nation, sans distinction d’origine, de province, de religion, de langue ou d’appartenance politique », a-t-il déclaré.

Joseph Kabila invite notamment les citoyens à s’organiser pacifiquement pour défendre, selon ses termes, les principes démocratiques et l’État de droit. Il appelle chaque Congolais à participer à ce qu’il présente comme un « sursaut national » face aux enjeux institutionnels actuels.

Cette sortie intervient dans un contexte politique particulièrement sensible. Depuis plusieurs mois, le débat autour de l’éventuelle révision de la Constitution alimente les discussions au sein de la classe politique et de l’opinion publique. Les partisans du projet soutiennent qu’il s’agit de permettre au peuple de s’exprimer directement sur les grandes orientations institutionnelles du pays à travers le référendum. Les opposants, eux, craignent que cette démarche ne débouche sur une remise en cause de certains équilibres institutionnels.

L’intervention de Joseph Kabila marque une nouvelle étape dans les relations déjà tendues entre l’ancien président et son successeur Félix Tshisekedi. Après plusieurs mois de discrétion, cette prise de position confirme son retour dans le débat politique national à un moment où les discussions sur l’avenir institutionnel du pays prennent de l’ampleur.

Alors que le texte sur le référendum poursuit son parcours législatif, les prochains jours pourraient être déterminants pour l’évolution de ce dossier qui continue de diviser la scène politique congolaise. Dans un climat déjà marqué par des appels à la mobilisation de part et d’autre, les autorités comme les acteurs politiques sont désormais attendus sur leur capacité à préserver un débat démocratique apaisé autour de cette question sensible.

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