
En séjour à Kisangani, la ministre de l’Enseignement supérieur, universitaire, recherche scientifique et innovations (ESURSI), Marie-Thérèse Sombo, a invité les universitaires congolais à s’impliquer activement dans les réflexions sur l’avenir institutionnel du pays. Elle estime que l’université doit jouer pleinement son rôle d’éclairage dans les débats qui engagent l’avenir de la République démocratique du Congo.
Le débat sur l’évolution de la Constitution du 18 février 2006 continue de susciter des échanges dans les milieux politiques, académiques et citoyens. À Kisangani, la ministre de l’ESURSI, Professeure Marie-Thérèse Sombo Ayanne Safi Mukuna, a plaidé pour une implication accrue de la communauté scientifique dans cette réflexion nationale.
S’exprimant jeudi 11 juin 2026 à l’ouverture d’un colloque scientifique consacré à l’évaluation de la Constitution congolaise, organisé simultanément à Kinshasa, Lubumbashi et Kisangani, la ministre a insisté sur la nécessité d’aborder cette question avec rigueur intellectuelle et objectivité.
Pour la patronne de l’ESURSI, les universités et centres de recherche ont la responsabilité d’apporter des analyses fondées sur la science plutôt que sur les passions politiques. Selon elle, les grandes décisions qui engagent l’avenir du pays doivent s’appuyer sur les connaissances produites par les chercheurs et les experts.
« Ce colloque constitue un moment important de réflexion nationale sur l’avenir institutionnel de notre pays. Il traduit la volonté de placer la science, le savoir et l’expertise universitaire au cœur des grandes questions qui engagent le destin de notre nation », a déclaré Marie-Thérèse Sombo devant les participants.
Dans son intervention, la ministre a rappelé que la Constitution demeure un texte appelé à accompagner l’évolution de la société. Elle a estimé qu’après vingt années d’application, une évaluation scientifique permettrait de mesurer les avancées enregistrées ainsi que les défis persistants dans la gouvernance du pays.
« La Constitution n’est pas un texte figé. Elle est l’expression vivante des aspirations d’un peuple, des réalités de son temps et des ambitions qu’il porte pour les générations futures », a-t-elle affirmé.
La ville de Kisangani, choisie parmi les sites accueillant ces assises scientifiques, a été présentée comme un symbole important de la pensée intellectuelle congolaise. Marie-Thérèse Sombo a souligné le rôle historique joué par la Tshopo dans les débats nationaux et dans la formation de nombreuses élites du pays.
Au-delà des juristes constitutionnalistes, la ministre a appelé plusieurs disciplines à contribuer à cette réflexion. Économistes, sociologues, historiens, politologues, chercheurs en nouvelles technologies et spécialistes des questions énergétiques ont été invités à apporter leurs expertises afin d’éclairer les enjeux contemporains auxquels la RDC est confrontée.
Cette démarche intervient dans un contexte marqué par des discussions récurrentes sur l’adaptation des institutions congolaises aux défis actuels, notamment en matière de sécurité, de gouvernance, de développement numérique et de gestion des ressources naturelles.
S’adressant également aux étudiants, la ministre les a encouragés à suivre attentivement les travaux du colloque afin de renforcer leur culture citoyenne et leur compréhension des mécanismes institutionnels du pays.
À travers cet appel, Marie-Thérèse Sombo entend renforcer le rôle de l’université comme acteur du développement national. Pour elle, les établissements d’enseignement supérieur ne doivent pas se limiter à la transmission des connaissances, mais contribuer activement à l’élaboration des solutions aux grandes questions qui préoccupent la nation.
Les travaux du colloque devraient se poursuivre avec plusieurs communications scientifiques consacrées à l’évaluation de la Constitution de 2006, vingt ans après son entrée en vigueur. Les conclusions attendues pourraient enrichir le débat national sur l’avenir institutionnel de la République démocratique du Congo.
