
Des exploitants artisanaux et creuseurs de Mambati, dans la province du Haut-Uélé, dénoncent une situation qu’ils jugent préoccupante autour du site minier Pyramide de Nagasa. Ils appellent les autorités congolaises à s’impliquer afin de prévenir d’éventuelles tensions et de garantir la protection des intérêts des communautés locales.
Une vive polémique secoue actuellement le secteur minier artisanal au village de Mambati, au Haut-Uélé. Au centre des préoccupations figure le site minier Pyramide de Nagasa, devenu ces derniers jours l’objet de nombreuses discussions parmi les exploitants artisanaux, les creuseurs et certains acteurs de la société civile.
Selon plusieurs sources locales, des inquiétudes grandissent autour de l’avenir de ce site aurifère, exploité par des Congolais depuis plusieurs années. Des creuseurs affirment craindre une perte progressive de contrôle des activités minières locales au profit d’intérêts extérieurs, une situation qu’ils considèrent comme une menace pour leur survie économique.
D’après les informations recueillies sur place, le site Pyramide de Nagasa appartient à Paul Abola Zamani Mavuba. Plusieurs habitants évoquent l’intérêt manifesté pour cette concession par un opérateur étranger présenté comme influent dans le secteur minier de la région.
Face à cette situation, les exploitants artisanaux redoutent d’être écartés d’un espace qui constitue pour beaucoup leur principale source de revenus. Certains dénoncent également ce qu’ils perçoivent comme un manque de protection des acteurs locaux dans la gestion des ressources minières.
« Nous assistons à une marginalisation progressive des Congolais sur leurs propres terres minières », affirme un creuseur rencontré sur le site, qui appelle les autorités à examiner la situation avec attention.
Au-delà du cas spécifique de Nagasa, cette affaire met en lumière les préoccupations récurrentes liées à la gouvernance du secteur minier artisanal dans plusieurs provinces de l’est de la République démocratique du Congo. Les exploitants locaux estiment que les richesses du sous-sol devraient davantage contribuer au développement des communautés riveraines et à l’amélioration des conditions de vie des populations.
Selon plusieurs sources concordantes, le propriétaire du site aurait déjà entrepris des démarches auprès des autorités provinciales et nationales afin d’alerter sur les risques de tensions que pourrait engendrer cette situation. L’objectif serait notamment d’obtenir une clarification sur les droits des différentes parties concernées et de préserver un climat de stabilité dans la zone.
De leur côté, plusieurs acteurs de la société civile plaident pour un renforcement des mécanismes de contrôle dans le secteur minier. Ils estiment que l’État doit jouer pleinement son rôle de régulateur afin de garantir la transparence dans l’attribution et la gestion des espaces d’exploitation.
Cette controverse intervient dans une province où l’activité minière constitue un pilier important de l’économie locale. Dans plusieurs territoires du Haut-Uélé, l’or représente une source essentielle de revenus pour des milliers de familles qui dépendent directement ou indirectement de cette activité.
Alors que les inquiétudes persistent, les exploitants artisanaux appellent les autorités compétentes à intervenir rapidement afin de prévenir toute escalade et de favoriser un dialogue entre les différentes parties. Pour eux, la préservation de la paix sociale et la protection des intérêts des communautés locales doivent demeurer au cœur de toute décision concernant l’exploitation des ressources minières.
