
Les prestataires de terrain engagés dans la riposte contre Ebola, dans la zone de santé de Rwampara, à Bunia, en province de l’Ituri, menacent de suspendre leurs activités si leurs revendications ne trouvent pas de réponse dans les 48 heures. Dans un mémorandum adressé au gouvernorat de l’Ituri et aux autorités sanitaires, ils affirment n’avoir reçu ni leurs primes ni leurs frais de communication depuis 77 jours, selon une information rapportée par Radio Okapi et relayée par le média BETO le mardi 20 octobre 2026.
À travers cette démarche, le collectif des prestataires réclame le paiement des arriérés et le déblocage des rémunérations dues aux relais communautaires. Il demande également la mise en place d’une commission mixte chargée d’examiner les listes de paie, estimant que des irrégularités pourraient y figurer.
Le collectif évoque notamment la présence présumée de noms fictifs dans ces listes. Cette accusation n’a toutefois pas été confirmée par une vérification indépendante. À ce stade, le montant total des sommes réclamées et le nombre exact de prestataires concernés ne sont pas connus.
Cette situation intervient alors que les équipes de terrain jouent un rôle important dans la surveillance épidémiologique, la recherche des contacts et la sensibilisation des communautés. À Rwampara, le suivi des contacts reste particulièrement préoccupant : selon le bulletin de situation n° 157 de l’Institut national de santé publique, arrêté au 18 octobre 2026, seuls 936 contacts sur 3 599 avaient été suivis, soit un taux de 26 %.
Un arrêt de travail pourrait donc compliquer davantage les activités de surveillance et de suivi autour des personnes exposées au virus. La menace des prestataires met en lumière les difficultés opérationnelles auxquelles la riposte peut être confrontée lorsque les équipes mobilisées sur le terrain ne disposent pas régulièrement de leurs moyens de fonctionnement.
Les retards de paiement ne concernent d’ailleurs pas uniquement la zone de santé de Rwampara. Le même bulletin de situation signale également une grève d’agents affectés au point de contrôle PK12 d’Isiro, dans la province du Bas-Uélé, pour des revendications liées au paiement de leurs primes.
Par ailleurs, le financement de la riposte contre Ebola fait l’objet d’autres préoccupations, notamment autour de l’utilisation des fonds publics et des dépenses consacrées aux activités de sensibilisation. Ces dossiers distincts alimentent les demandes de transparence et de contrôle dans la gestion des ressources affectées à la lutte contre l’épidémie.
Au moment de la publication des informations rapportées par BETO, ni la coordination de la riposte ni l’exécutif provincial de l’Ituri ne s’étaient publiquement exprimés sur les revendications du collectif. La réponse des autorités dans le délai de 48 heures annoncé sera déterminante pour savoir si les prestataires poursuivront leurs activités ou passeront à la suspension de travail.
Dans un contexte où le suivi des contacts demeure essentiel pour limiter la propagation du virus, le règlement rapide de ce différend constitue un enjeu opérationnel pour la continuité des interventions sanitaires à Bunia.
Source : YOKA INFOS

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