
L’ancienne ministre des Droits humains, Marie-Ange Mushobekwa, annonce prendre ses distances avec la voie armée qu’elle attribue à l’ancien président Joseph Kabila, tout en réaffirmant son engagement dans l’opposition politique à Kinshasa. Sa déclaration intervient après l’annonce, le lundi 12 octobre 2026 à Goma, de la création du Front pour la refondation de la Nation (FRN), un mouvement politico-militaire dirigé par l’ancien chef de l’État.
Dans une publication sur le réseau social X, Marie-Ange Mushobekwa explique sa décision en mettant en avant son attachement à une lutte politique sans recours aux armes.
« Maintenant qu’il choisit d’emprunter la voie armée pour défendre ses convictions politiques, je décide de prendre des distances avec cette voie », écrit-elle, précisant n’y être liée « de près ni de loin ».
Ancienne ministre des Droits humains entre 2016 et 2019 et ex-députée nationale, elle rappelle avoir servi le pays sous la présidence de Joseph Kabila avec respect, conviction et loyauté. Elle exprime également sa reconnaissance pour l’expérience acquise durant les dix années passées à ses côtés. Elle distingue toutefois cette expérience passée de son positionnement actuel face à l’orientation qu’elle attribue à l’ancien président.
Sa prise de distance ne signifie pas pour autant un ralliement au pouvoir de Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Marie-Ange Mushobekwa affirme vouloir poursuivre son combat politique au sein de l’opposition, à Kinshasa, mais dans un cadre républicain et sans armes. Elle maintient ainsi son opposition au pouvoir en place tout en rejetant la voie armée qu’elle dénonce.
Pour l’ancienne ministre, la recherche d’une solution à la crise congolaise doit passer par le dialogue. Elle défend l’unité nationale et plaide pour des échanges « francs, inclusifs et constructifs », qu’elle considère comme une voie vers la paix.
Cette déclaration intervient dans un contexte de recomposition politique marqué par la création du FRN à Goma. Dans sa déclaration politique, le nouveau mouvement annonce la fin de l’Alliance Fleuve Congo (AFC) et inscrit dans ses orientations le recours à différents moyens, y compris la force, pour combattre ce qu’il qualifie de « tyrannie ». Marie-Ange Mushobekwa ne cite toutefois pas explicitement le FRN dans sa publication ; elle critique plutôt le choix de la voie armée qu’elle attribue à Joseph Kabila.
Sa position s’ajoute aux annonces de départ du PPRD faites par Patrick Nkanga Bekonda, rapporteur du bureau politique du parti, et Allegra Fosh Ngalula, ancienne vice-présidente de sa Ligue des jeunes. Ces annonces illustrent les prises de distance qui se manifestent dans l’entourage politique de l’ancien président, même si les motivations et la portée de chaque décision diffèrent.
En maintenant son appartenance à l’opposition tout en rejetant le recours aux armes, Marie-Ange Mushobekwa trace une ligne politique distincte de celle qu’elle attribue désormais à Joseph Kabila. Reste à voir comment cette position s’inscrira dans les débats à venir sur le dialogue national et les voies de sortie de la crise sécuritaire et politique en République démocratique du Congo.
Source : YOKA INFOS

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