
Le tribunal militaire de garnison d’Isiro, dans la province du Haut-Uele, a rendu son verdict mercredi, au terme d’une procédure de flagrance dans une affaire marquée par la mort d’un infirmier et des blessures graves infligées à des civils.
« Dura Lex, sed Lex ». La loi est dure, mais c’est la loi. C’est sous cette phrase que le lieutenant-colonel magistrat Mulué Augustin a clos, un procès qui a tenu en haleine la cité d’Isiro, chef-lieu de la province du Haut-Uele. Quatre éléments des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), déployés dans le territoire de Watsa pour la traque des terroristes (ADF, MTM, ISCAP), comparaissaient pour des faits tragiques survenus le 7 juin dernier dans la commune rurale de Mendambo.
Les faits, survenus lors d’incidents à la cité de Mongwere (Watsa), ont coûté la vie à un infirmier et causé des blessures graves à deux autres personnes. À l’issue des débats, le tribunal a tranché. L’adjudant-chef Efambe Iboloto Jean-Paul et le soldat de 2e classe Mitasimbo Malachi ont été condamnés à la peine de mort. Ils ont été reconnus coupables d’association de malfaiteurs, de violation des consignes militaires et de meurtre.
Pour les blessures aggravées infligées aux victimes, une peine de cinq ans de servitude pénale principale a été ajoutée. Le tribunal a également ordonné le paiement de 50 000 dollars de dommages et intérêts à la famille du défunt, avec une solidarité de l’État congolais. Bien plus, les soldats de 2e classe Baraka Biamouze et Bindou Gaspard écopent, quant à eux, de trois ans de servitude pénale principale pour violation des consignes militaires.
Le soldat Mouya Kamanga, faute de preuves suffisantes, a été acquitté et libéré de toute poursuite. Le ministère public, représenté par le sous-lieutenant magistrat Akipa Lamoto, avait requis la peine capitale pour l’ensemble des prévenus, à l’exception du soldat Mouya. De leur côté, les avocats de la défense, menés par Maître Alain Munungu, avaient plaidé l’innocence, demandant l’acquittement pur et simple. Au prononcé du verdict, la défense a manifesté sa vive déception.
« Nous nous réservons et nous avons le droit d’interjeter appel », a déclaré Me Mnungu sur le banc. À l’inverse, Maître Dadi Moulangoli, représentant l’État, a salué une décision fondée sur l’éthique et le droit.
Cette audience, suivie de près par les autorités politiques et militaires de la province, porte un signal fort qu’aucun membre des forces de sécurité ne peut s’affranchir des règles de droit. Par ce procès à caractère pédagogique et dissuasif, la justice militaire d’Isiro démontre que, face aux abus, le juge naturel reste le seul rempart pour garantir la protection des citoyens et le respect de l’éthique au sein de l’armée, a soutenu le major Nestor Mavudisa, responsable SICFA dans la troisième zone de défense militaire.
Par : Serge SINDANI
