
À l’Assemblée nationale, le député national Fontaine Mangala a alerté sur la situation humanitaire préoccupante que connaît actuellement la ville de Kisangani. L’élu de Kisangani estime que l’arrivée successive de milliers de déplacés, combinée aux conséquences du conflit communautaire de Lubunga, nécessite une réponse urgente des autorités nationales.
La question de la prise en charge des populations déplacées de guerre et des victimes des violences communautaires a fait son entrée dans les débats de l’Assemblée nationale. Au cours d’une motion d’information présentée en séance plénière, jeudi 11 juin 2026, le député national Fontaine Mangala a attiré l’attention de la Chambre basse sur ce qu’il qualifie de crise humanitaire grandissante dans la ville de Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo.
Prenant la parole devant ses collègues députés, l’élu a rappelé que la ville continue de subir les conséquences du conflit communautaire qui avait secoué la commune de Lubunga et plusieurs localités environnantes. Selon lui, ces affrontements ont provoqué d’importantes pertes en vies humaines, des destructions de biens ainsi que des déplacements massifs de populations vers le centre-ville.
« Ces personnes âgées, des mamans et des enfants, jusqu’à aujourd’hui n’ont jamais été assistés. Ils continuent à vivre dans des conditions difficiles », a déclaré Fontaine Mangala au cours de son intervention.
Le député a notamment évoqué la présence croissante de personnes vulnérables dans plusieurs quartiers de Kisangani, affirmant que de nombreux déplacés peinent encore à retrouver une vie normale malgré l’accalmie observée dans certaines zones touchées par les violences.
Au-delà des conséquences du conflit de Lubunga, l’élu a souligné que la pression humanitaire s’est accentuée ces derniers mois avec l’arrivée de nouvelles vagues de déplacés en provenance de l’Est du pays. Des familles ayant fui les combats au Nord-Kivu et au Sud-Kivu auraient trouvé refuge à Kisangani, tandis que d’autres déplacés sont arrivés récemment du territoire de Mambasa à la suite des attaques attribuées aux rebelles ADF.
Pour Fontaine Mangala, cette accumulation de crises risque de dépasser les capacités d’accueil de la ville si aucune mesure d’accompagnement n’est rapidement mise en œuvre.
« Je voudrais que le gouvernement puisse voir cette situation de très près et que la zone soit déclarée zone d’urgence humanitaire », a plaidé le député national.
Cette alerte intervient dans un contexte où plusieurs organisations humanitaires continuent de signaler les difficultés rencontrées par les populations déplacées à travers le pays. En RDC, les conflits armés persistants dans l’Est ainsi que les tensions communautaires observées dans certaines provinces alimentent régulièrement les mouvements de populations et accentuent les besoins en assistance.
Face à cette situation, Fontaine Mangala a appelé les autorités nationales à prendre des dispositions concrètes afin d’apporter un soutien aux familles affectées, notamment en matière d’alimentation, de logement, de soins de santé et de protection sociale.
Son intervention remet sur la table la question de la prise en charge des déplacés vivant à Kisangani, une ville qui se retrouve aujourd’hui au carrefour de plusieurs crises humanitaires. Les prochains jours pourraient permettre de mesurer la réponse du gouvernement à cet appel lancé depuis l’hémicycle de l’Assemblée nationale.
Abdoul ULAFIA
