
L’émotion reste vive à Beni après le massacre de civils attribué aux rebelles des ADF dans le quartier Ngadi. Ce mardi 2 juin 2026, l’interpellation de plusieurs jeunes mobilisés pour préparer l’inhumation des victimes a suscité incompréhension et indignation au sein de la population.
La ville de Beni traverse de nouvelles heures de tension. Alors que les habitants se préparent à rendre un dernier hommage aux victimes des récentes attaques meurtrières survenues dans le quartier Ngadi, plusieurs jeunes ont été interpellés au cimetière de Kbango par des éléments de la Police nationale congolaise (PNC).
Selon des témoins présents sur les lieux, ces jeunes participaient aux travaux de préparation des sépultures destinées à accueillir les victimes du massacre lorsqu’ils ont été arrêtés. Ils auraient notamment été engagés dans le creusement des tombes avant l’arrivée des forces de l’ordre.
À ce stade, les autorités n’ont pas encore communiqué officiellement sur les motifs exacts de ces interpellations. Cette absence d’explication a rapidement alimenté les interrogations au sein de la population, déjà éprouvée par les violences qui continuent de frapper la région.
Dans plusieurs quartiers de la ville, des habitants ont exprimé leur incompréhension face à cette intervention policière. Pour certains observateurs locaux, le moment choisi pour ces arrestations renforce le climat de frustration qui règne depuis les dernières attaques attribuées aux combattants des Forces démocratiques alliées (ADF).
Ces événements interviennent dans un contexte particulièrement sensible. Quelques jours plus tôt, une attaque meurtrière dans le quartier Ngadi avait causé la mort de plusieurs civils, plongeant de nombreuses familles dans le deuil. Toutefois, le bilan exact de cette tragédie continue de faire débat.
L’organisation État islamique, qui revendique régulièrement les attaques menées par les ADF dans l’est de la RDC, affirme que seize personnes ont été tuées. De son côté, le gouvernement congolais évoque quinze victimes, tandis que plusieurs sources locales avancent un bilan plus lourd, dépassant vingt morts.
Face à cette situation, des mouvements citoyens et plusieurs acteurs de la société civile ont appelé à l’organisation d’une journée « ville morte » ce mercredi 3 juin. Cette mobilisation vise à dénoncer la persistance des massacres de civils et à interpeller les autorités sur la nécessité de renforcer les mesures de protection des populations.
Les organisateurs estiment que cette action pacifique permettra d’exprimer la colère et le désarroi d’une population confrontée depuis plusieurs années à l’insécurité. Ils demandent également des réponses concrètes face à la multiplication des attaques dans le territoire de Beni.
Cette nouvelle tension intervient alors que la population attend toujours des avancées significatives dans la lutte contre les groupes armés qui continuent d’opérer dans la région. Malgré les opérations militaires en cours, les habitants restent confrontés à un sentiment d’insécurité permanent.
À la veille de la journée ville morte, l’attention est désormais tournée vers les autorités locales et nationales. Les habitants espèrent obtenir des explications sur les interpellations survenues au cimetière de Kbango, mais surtout des mesures capables de mettre fin aux violences qui endeuillent régulièrement la région de Beni.
Par : Delphin ANECO
