
Le député national Gratien Iracan annonce une procédure d’interpellation contre le vice-Premier ministre en charge de la Défense, Guy Kabombo Muadiamvita, qu’il juge insuffisamment convaincant face à la dégradation de la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC.
La pression monte au Parlement autour de la situation sécuritaire dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. Le député national Gratien Iracan, élu de Bunia, a annoncé ce mercredi 13 mai 2026 le lancement d’une procédure d’interpellation contre le vice-Premier ministre, ministre de la Défense nationale et des Anciens combattants, Guy Kabombo Muadiamvita.
Cette initiative intervient après les réponses jugées « insuffisantes » du membre du gouvernement à une question écrite adressée par l’élu national au sujet des massacres attribués aux rebelles des ADF dans l’Est du pays.
Dans une déclaration publiée sur son compte X, Gratien Iracan affirme vouloir porter le dossier devant la plénière de l’Assemblée nationale afin d’obtenir des explications plus approfondies sur la persistance de l’insécurité malgré l’état de siège et les opérations militaires en cours.
« La vérité doit être connue », a insisté le député, précisant que la procédure pourrait déboucher sur une enquête parlementaire ou un vote de défiance si elle est approuvée par les élus.
Depuis plusieurs mois, les attaques meurtrières contre les populations civiles se multiplient dans plusieurs territoires du Nord-Kivu et de l’Ituri. Les groupes armés, notamment les ADF, continuent d’être accusés de massacres, d’enlèvements, de pillages et de violences contre les civils malgré les opérations conjointes menées par les FARDC et l’armée ougandaise dans le cadre de l’opération Shujaa.
Lors des débats consacrés à la prorogation de l’état de siège, Gratien Iracan avait déjà dressé un tableau alarmant de la situation humanitaire et sécuritaire dans l’Est du pays. Selon lui, des centaines de civils ont perdu la vie depuis le début de l’année 2026 dans des attaques attribuées aux groupes armés.
Le député national dénonce également l’absence de résultats visibles après plusieurs années d’état de siège dans les provinces concernées. Il estime que les populations continuent de vivre dans la peur, entre massacres répétés, déplacements forcés et absence de protection efficace.
Au-delà des opérations militaires, Gratien Iracan plaide pour l’ouverture d’enquêtes indépendantes afin d’identifier les responsabilités dans les violences enregistrées dans la région. Il appelle également à des auditions des victimes et des leaders communautaires pour documenter les crimes commis contre les populations civiles.
Cette nouvelle offensive parlementaire intervient dans un contexte de fortes tensions sécuritaires dans l’Est de la RDC, où les autorités congolaises tentent de contenir l’activisme des groupes armés malgré les efforts diplomatiques et militaires engagés au niveau régional.
Par : Abdoul ULAFIA
