
La détérioration du contexte sécuritaire dans le territoire de Mambasa, en Ituri, a provoqué une vague d’enlèvements, de déplacements massifs et la fermeture de plusieurs écoles, selon des sources humanitaires.
La situation sécuritaire s’est fortement dégradée au cours du mois de mars 2026 dans le territoire de Mambasa, en province de l’Ituri, particulièrement dans les zones de santé de NiaNia et de Lolwa. D’après les données rendues publiques par les acteurs humanitaires, plusieurs attaques armées contre des civils ont été enregistrées depuis la mi-mars, entraînant de lourdes pertes humaines dans différentes localités.
Selon les mêmes sources, au moins 87 personnes ont été tuées lors de ces violences, tandis que plus de 390 civils, dont des femmes et des enfants, ont été enlevés. Cette insécurité persistante a contraint plus de 60 000 habitants à fuir leurs villages pour trouver refuge dans d’autres localités du territoire de Mambasa, mais également vers la province voisine de la Tshopo.
Les conséquences de cette situation se font également sentir dans les secteurs sociaux de base. Au moins 23 établissements scolaires ont été contraints de fermer leurs portes, perturbant la scolarité de plus de 5 400 enfants. Par ailleurs, neuf structures sanitaires ont cessé leurs activités, privant plus de 55 000 personnes d’accès aux soins dans une zone déjà confrontée à une faible couverture médicale.
Les autorités humanitaires signalent que les populations déplacées vivent dans des conditions précaires, marquées notamment par le manque d’abris, l’insécurité alimentaire ainsi qu’un accès limité à l’eau potable et aux services de santé. La pression sur les localités d’accueil s’intensifie également, notamment dans certaines zones de la province de la Tshopo où affluent plusieurs familles en quête de sécurité.
Selon des informations relayées lors d’une réunion gouvernementale, cette dégradation sécuritaire serait liée à l’activisme des rebelles des ADF, responsables de nombreuses incursions contre les populations civiles. Ces violences ont entraîné une errance massive des déplacés internes et une détérioration rapide des conditions de vie, en particulier pour les femmes et les enfants.
Face à l’ampleur de la crise, une assistance humanitaire d’urgence est envisagée en faveur des populations affectées. L’objectif est de répondre aux besoins prioritaires des déplacés, notamment en matière d’abris, de nourriture, de soins de santé et de protection, dans cette partie du territoire national durement touchée par l’insécurité.

Juriste | Journaliste | Entrepreneur | Fondateur de YOKA INFOS