
Dans une sortie publique sur Facebook, le député national apporte des précisions sur sa participation aux travaux du Fonds et répond aux critiques autour de sa gestion.
Le député national élu de Kisangani, Fontaine Mangala, est sorti de son silence ce lundi 27 avril 2026 à travers une publication sur son compte Facebook, dans un contexte marqué par le débat persistant autour de la gestion du Fonds de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda en République démocratique du Congo (FRIVAO), un mécanisme dont la gestion sous la coordination de Chançard Bolukola fait actuellement l’objet d’une procédure judiciaire en cours. L’élu a tenu à clarifier son rôle dans les différentes discussions institutionnelles liées à ce dossier sensible, souvent au centre de polémiques et d’interprétations sur la transparence des décisions prises.
Dans son message, Fontaine Mangala explique avoir participé à plusieurs réunions du caucus des députés de Kisangani avec les autorités gouvernementales, notamment l’ancien ministre de la Justice, dans le cadre du suivi des modalités d’indemnisation des victimes. Il affirme que les échanges avaient permis d’évaluer les montants initialement envisagés par le gouvernement, situés entre 300 et 400 dollars américains par victime, jugés insuffisants par les élus locaux, qui avaient plaidé pour une revalorisation significative, allant jusqu’à 2000 dollars, proposition qui aurait finalement été retenue lors des discussions.

Au-delà de la question financière, le député indique que les travaux avaient également ouvert un débat sur des solutions structurelles pour la ville de Kisangani, notamment dans le secteur énergétique. Selon lui, le caucus parlementaire avait défendu l’idée d’une réponse durable à travers soit la construction d’une nouvelle centrale électrique, soit la réhabilitation complète des infrastructures existantes, considérant l’accès à l’électricité comme une forme d’indemnisation collective pour les populations affectées.
Fontaine Mangala revient également sur la présentation de l’entreprise Congo Energy comme partenaire technique potentiel dans la mise en œuvre du projet. Il souligne que si des assurances avaient été données sur son expérience, plusieurs députés affirment ne pas avoir eu accès au contrat final, une situation qui aurait alimenté des interrogations sur la transparence des procédures et le suivi administratif du dossier.
Dans sa publication, l’élu évoque par ailleurs des tensions institutionnelles apparues entre le ministère des Ressources hydrauliques et celui de la Justice, chacun revendiquant une partie de la gestion du projet, ce qu’il décrit comme des divergences ayant contribué à complexifier davantage le processus.
Il affirme enfin avoir pris ses distances avec les réunions lorsqu’il a estimé que certaines zones d’ombre persistaient dans la conduite du dossier, allant jusqu’à annoncer avoir interpellé l’ancien ministre de la Justice afin d’obtenir des explications sur la gestion globale des fonds destinés aux victimes.
Cette prise de parole relance le débat autour de la gouvernance du FRIVAO et de la transparence dans la gestion des mécanismes d’indemnisation en République démocratique du Congo, un sujet particulièrement sensible pour les populations de Kisangani, toujours en attente de réponses concrètes.

Juriste | Journaliste | Entrepreneur | Fondateur de YOKA INFOS