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Le ministère de l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU) a rejeté les récentes nominations effectuées à la tête de l’Université de Goma (UNIGOM) par l’AFC/M23. Kinshasa considère ces décisions comme nulles et non avenues, réaffirmant son autorité exclusive sur la gestion des établissements publics d’enseignement supérieur en République démocratique du Congo.
La controverse autour de la gouvernance de l’Université de Goma (UNIGOM) prend une nouvelle dimension. Le ministère de l’Enseignement supérieur et universitaire, à travers son administration centrale, a officiellement rejeté ce jeudi 4 juin 2026 les récentes décisions de l’AFC/M23 portant révocation du recteur en fonction et nomination d’un nouveau comité de gestion à la tête de cette institution publique du Nord-Kivu.
Cette réaction intervient quelques jours après l’annonce par l’AFC/M23 de la destitution du professeur Muhindo Mughanda et de la désignation d’une nouvelle équipe dirigeante pour l’université. Le mouvement avait notamment nommé le professeur Jean-Baptiste Kakoma Sakatolo Zambeze au poste de recteur, ainsi que plusieurs autres responsables académiques et administratifs.
Face à cette situation, les autorités de Kinshasa rappellent que la nomination ou la révocation des membres des comités de gestion des établissements publics d’enseignement supérieur relève exclusivement des compétences des institutions légalement établies de la République. Pour le ministère, aucune structure parallèle ne dispose de l’autorité nécessaire pour procéder à de telles désignations.
Au-delà de la question administrative, cette affaire met en lumière les défis auxquels sont confrontées plusieurs institutions publiques situées dans les zones affectées par le conflit dans l’Est du pays. Depuis plusieurs mois, certaines structures étatiques opérant dans les territoires sous contrôle de l’AFC/M23 font face à des situations de gouvernance complexes, alimentant des tensions entre les autorités centrales et les administrations locales installées par le mouvement rebelle.
L’Université de Goma occupe une place importante dans le paysage académique de la région. Elle accueille chaque année plusieurs milliers d’étudiants et joue un rôle majeur dans la formation des cadres du Nord-Kivu. Les incertitudes liées à sa gestion suscitent ainsi des préoccupations au sein de la communauté universitaire, soucieuse de préserver la stabilité institutionnelle et la continuité des activités académiques.
Dans ce contexte, le ministère de l’ESU appelle les responsables académiques, les enseignants, les étudiants et le personnel administratif à se conformer aux dispositions légales en vigueur et à préserver le bon fonctionnement de l’établissement. Les autorités affirment suivre de près l’évolution de la situation afin d’éviter toute perturbation susceptible d’affecter l’année académique.
Cette affaire intervient alors que les efforts diplomatiques et sécuritaires se poursuivent pour tenter de ramener la stabilité dans l’Est de la République démocratique du Congo. La question du contrôle des institutions publiques dans les zones touchées par le conflit demeure l’un des défis majeurs auxquels le pays est confronté.
En réaffirmant son rejet du comité de gestion désigné par l’AFC/M23, Kinshasa entend rappeler le principe de l’unicité de l’État et de ses institutions. Reste à savoir comment cette position sera appliquée sur le terrain dans un contexte où les enjeux sécuritaires continuent d’influencer le fonctionnement de plusieurs services publics dans la région.
Delphin ANECO
