
Le député national Carly Nzanzu Kasivita plaide pour une adaptation de la stratégie sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo afin de faire face à la menace persistante des rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF). Dans une lettre ouverte adressée à la Présidence de la République, l’élu de Beni propose notamment la création de mécanismes locaux de défense encadrés par l’État et les FARDC.
Face à la recrudescence des attaques attribuées aux ADF dans plusieurs localités de l’Est du pays, le député national élu du territoire de Beni, Carly Nzanzu Kasivita, a lancé un appel en faveur d’une révision des approches sécuritaires actuellement mises en œuvre.
Dans une lettre ouverte adressée ce jeudi 4 juin 2026 au Président de la République, l’ancien gouverneur du Nord-Kivu estime que l’ampleur des violences enregistrées ces dernières années exige une réponse plus adaptée aux réalités du terrain. Selon lui, la lutte contre les groupes armés ne peut plus reposer uniquement sur les méthodes conventionnelles déjà appliquées.
Parmi les pistes avancées, Carly Nzanzu Kasivita recommande le renforcement des stratégies de guerre asymétrique ainsi que la mise en place de structures locales de défense sous l’encadrement des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).
« L’objectif est de rapprocher les dispositifs de sécurité des populations exposées et de renforcer les mécanismes d’alerte, de prévention et de protection », soutient l’élu de Beni dans son plaidoyer.
Pour le député national, les communautés vivant dans les zones régulièrement ciblées par les attaques disposent d’une connaissance du terrain qui pourrait constituer un atout important dans la lutte contre les groupes armés, à condition que leur implication s’inscrive dans un cadre légal et sous le contrôle des autorités compétentes.
Cette proposition intervient dans un contexte sécuritaire toujours préoccupant dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, où les ADF continuent de mener des attaques meurtrières contre les populations civiles malgré les opérations militaires conjointes menées ces dernières années par les FARDC et leurs partenaires régionaux.
Au-delà de la seule dimension militaire, Carly Nzanzu appelle également à une mobilisation nationale face à une menace qu’il considère comme un défi pour l’ensemble du pays. Il estime que la protection des populations civiles et le rétablissement durable de la paix nécessitent une réflexion stratégique approfondie ainsi qu’une adaptation constante des moyens de défense.
Alors que les autorités poursuivent leurs efforts pour restaurer la sécurité dans l’Est de la RDC, cette proposition relance le débat sur les mécanismes les plus efficaces à mettre en place pour mettre fin aux violences qui affectent depuis plusieurs années les populations de Beni et des territoires voisins.
Par : Delphin ANECO
