
L’ancien directeur général intérimaire du FRIVAO, Chançard Bolukola, a publié depuis la prison centrale de Makala une lettre ouverte dans laquelle il répond aux accusations liées à sa gestion et conteste plusieurs allégations avancées par le ministère de la Justice.
Détenu depuis plusieurs mois dans le cadre d’une enquête sur la gestion du Fonds spécial de réparation des victimes des activités illicites de l’Ouganda (FRIVAO), Chançard Bolukola est sorti de son silence. Dans une lettre manuscrite de plusieurs pages datée du 19 avril 2026, l’ancien directeur général a.i., en fonction entre août 2024 et juillet 2025, a livré sa version des faits tout en réagissant aux déclarations publiques du ministre de la Justice.
Poursuivi pour un présumé détournement de fonds destinés à l’indemnisation des victimes de la guerre de six jours à Kisangani, l’ex-responsable du FRIVAO affirme que certaines informations relayées à son sujet ne reflètent pas la réalité. Il appelle à une analyse approfondie de son dossier afin, selon lui, d’établir la vérité sur sa gestion.
Parmi les points évoqués figure la polémique autour du documentaire consacré à la guerre de six jours. Lors d’une rencontre avec des victimes à Kisangani, le ministre de la Justice avait évoqué un montant de 1,6 million de dollars américains pour la réalisation d’un film de quelques minutes, confié à la société DIVO.
Depuis sa cellule, Chançard Bolukola conteste cette version. Il affirme que le contrat signé portait sur un montant de 640 000 dollars hors taxes pour un film d’une durée d’environ une heure. Selon lui, les chiffres avancés publiquement seraient inexacts et de nature à ternir son image.
L’ancien responsable a également répondu aux accusations relatives à l’achat de terrains à Kisangani. Des responsables actuels du FRIVAO avaient évoqué une enveloppe de 250 000 dollars pour l’acquisition de dix parcelles, assortie de frais supplémentaires.
Chançard Bolukola soutient pour sa part que 25 parcelles ont été acquises afin de constituer un espace d’un hectare. Il précise que les montants engagés incluaient également des frais administratifs, juridiques et de mutation, assurant que toutes les opérations sont documentées et traçables.
Dans sa lettre, l’ancien directeur général intérimaire affirme qu’aucune remise et reprise formelle n’aurait été organisée avec son successeur, ce qui, selon lui, pourrait susciter des incompréhensions dans l’évaluation de sa gestion.
Il appelle les magistrats en charge du dossier à examiner les faits sur base d’éléments vérifiés et non de suppositions. Il insiste sur la nécessité d’une justice fondée sur des preuves établies et sur une analyse complète des documents disponibles.
Parallèlement, les autorités judiciaires envisagent un audit du fichier d’identification des victimes, certaines listes étant soupçonnées de contenir des irrégularités. Chançard Bolukola se dit favorable à cette démarche, tout en rappelant l’existence de plusieurs bases de données constituées au fil du temps.
Toujours en détention à la prison centrale de Makala, l’ancien responsable du FRIVAO reste dans l’attente de l’évolution de la procédure judiciaire engagée contre lui.

Journaliste|PDG du média YOKA INFOS