RDC : l’Union africaine condamne les attaques par drones de l’AFC/M23 contre l’aéroport de Kisangani

Des drones de l’AFC/M23 ont visé l’aéroport de Kisangani, l’Union africaine condamne ces attaques et met en garde contre leurs conséquences pour la population civile.
L’Union africaine (UA) a vivement condamné les attaques par drones attribuées à la rébellion de l’AFC/M23 contre l’aéroport de Kisangani, dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), estimant qu’un tel acte met gravement en danger les populations civiles et constitue une violation manifeste du droit international humanitaire.
Dans un communiqué publié ce vendredi 6 février et consulté par YOKA INFO, le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a exprimé sa plus profonde préoccupation face à ces attaques visant une infrastructure aéroportuaire située au cœur d’un important centre urbain. Il a dénoncé des actions susceptibles d’exposer directement les civils à des risques majeurs.
Selon le chef de l’exécutif de l’UA, toute opération dirigée contre une infrastructure civile viole les principes fondamentaux du droit international humanitaire, notamment ceux de distinction, de proportionnalité et de précaution. Il a rappelé qu’en l’absence de preuves objectives établissant le caractère strictement militaire de la cible, une infrastructure aéroportuaire conserve sa présomption de caractère civil et bénéficie, à ce titre, d’une protection pleine et entière.
« Au regard des instruments pertinents de l’Union africaine, notamment la Convention de l’OUA de 1999 pour la prévention et la lutte contre le terrorisme et son protocole additionnel de 2004, ces attaques pourraient constituer des actes de terrorisme », a déclaré Mahmoud Ali Youssouf.
Il a par ailleurs réaffirmé que les groupes armés non étatiques ne sauraient invoquer aucune justification politique, sécuritaire ou militaire pour légitimer des actes mettant en danger des civils ou des infrastructures civiles. De tels actes, a-t-il insisté, sont susceptibles d’engager la responsabilité pénale individuelle de leurs auteurs et de leurs commanditaires, conformément au droit international en vigueur.
Ces attaques contre l’aéroport de Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo, interviennent plusieurs mois après l’entérinement des accords dits de Washington entre Kinshasa et Kigali, en présence de l’ancien président américain Donald Trump. Malgré ces engagements diplomatiques, la situation sécuritaire sur le terrain demeure préoccupante, marquée par la poursuite des affrontements entre les Forces armées de la RDC (FARDC) et la rébellion de l’AFC/M23, appuyée par le Rwanda, sur plusieurs fronts dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Parallèlement, Kinshasa et Kigali continuent de s’accuser mutuellement de violations des engagements pris dans le cadre de ces accords, illustrant la fragilité persistante du processus de désescalade.
Les discussions de Doha, menées sous l’égide de l’émir du Qatar entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23, peinent également à produire des résultats tangibles. Bien que ces négociations, censées compléter les accords de Washington en s’attaquant aux causes profondes du conflit notamment la restauration de l’autorité de l’État et la réintégration des groupes armés aient récemment repris après une longue impasse, leur impact sur le terrain demeure limité.
Elles ont néanmoins abouti à la signature des termes de référence relatifs au mécanisme de vérification du cessez-le-feu. Toutefois, plusieurs mesures convenues depuis la publication du communiqué conjoint d’avril dernier, notamment la mise en œuvre effective du mécanisme de cessez-le-feu, de la déclaration de principes et de l’accord-cadre, n’ont toujours pas été appliquées, contribuant à l’exacerbation des tensions.
Dernier épisode en date, l’AFC/M23 a revendiqué les attaques contre l’aéroport de Kisangani, affirmant avoir visé l’arsenal militaire aérien de Kinshasa. Des allégations formellement rejetées par les autorités congolaises, qui assurent que les attaques ont été déjouées par les Forces armées de la RDC.

Journaliste chez YOKA INFOS/Kisangani ville.
