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17 juin 2026
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Alors que la 17ᵉ épidémie d’Ebola mobilise les autorités sanitaires dans l’est de la République démocratique du Congo, les conséquences des conflits armés continuent de peser lourdement sur les populations civiles. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) indique que plus de 300 blessés ont été admis dans les hôpitaux qu’il soutient au Nord-Kivu et au Sud-Kivu au cours du dernier mois.

La crise sanitaire provoquée par la résurgence de la maladie à virus Ebola ne fait pas disparaître les autres urgences humanitaires dans l’est de la RDC. Bien au contraire. Dans un communiqué rendu public à l’occasion du premier mois de la 17ᵉ épidémie d’Ebola, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) tire la sonnette d’alarme sur l’ampleur des besoins médicaux liés aux violences armées qui persistent dans plusieurs zones du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Selon les données communiquées par l’organisation humanitaire, 303 blessés ont été pris en charge entre le 15 mai et le 15 juin 2026 dans les structures sanitaires appuyées par le CICR. Ce chiffre représente une augmentation d’environ 30 % par rapport à la période précédente, traduisant une aggravation de la situation sécuritaire dans certaines zones déjà fragilisées par les déplacements de populations et les difficultés d’accès aux soins.

Les hôpitaux de Bukavu, Uvira et Fizi figurent parmi les établissements les plus sollicités. À eux seuls, ils ont accueilli 170 blessés, soit plus de la moitié des patients admis dans les structures soutenues par l’organisation. Cette tendance reflète notamment l’intensification des affrontements dans plusieurs localités des Hauts Plateaux du Sud-Kivu.

Pour Moussa Badji, coordinateur médical du CICR en RDC, les défis sanitaires et sécuritaires se superposent désormais dangereusement.

« La crise sanitaire provoquée par la maladie à virus Ebola n’a pas freiné les urgences médicales liées aux conflits. Bien au contraire, nos équipes chirurgicales sont constamment sous pression, avec des admissions continues de blessés par armes », explique-t-il.

Derrière les statistiques se cachent des histoires humaines souvent douloureuses. Hospitalisée à l’Hôpital provincial général de Bukavu après avoir été grièvement blessée lors d’affrontements dans son village, une patiente identifiée sous le prénom de Nzigire s’interroge sur son avenir.

« Quand le moment de quitter l’hôpital sera venu, je me demande où je vais aller. Les combats se poursuivent et tous les habitants de mon village se sont déplacés », confie-t-elle.

Dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, les conséquences des conflits ne se limitent pas aux blessures par balles. Le CICR souligne également la multiplication des victimes d’explosions. Plus de 16 % des blessés admis dans les hôpitaux soutenus par l’organisation présentent des traumatismes causés par des engins explosifs, un phénomène qui continue d’affecter les populations vivant à proximité des zones de combat.

À cette insécurité s’ajoute désormais la peur de la maladie. Dans les centres de santé, de nombreux patients vivent avec une double angoisse : survivre aux violences et éviter une éventuelle contamination à Ebola.

« Je suis blessé et je n’ose pas penser à Ebola. Nous sommes déjà dans une grande détresse mentale. À cela s’ajoute la faim, le déplacement, le manque de sommeil », témoigne Pascal, hospitalisé à Beni.

Pour le CICR, la combinaison des conflits armés et de l’épidémie constitue un défi majeur pour les acteurs humanitaires. L’organisation appelle les parties impliquées dans les hostilités à faciliter l’accès aux soins et à garantir la sécurité des équipes médicales et des intervenants engagés dans la riposte contre Ebola.

« Les conflits armés associés aux épidémies constituent une combinaison potentiellement dévastatrice », avertit François Moreillon, chef de délégation du CICR en RDC, qui plaide pour une meilleure coordination humanitaire afin de permettre aux blessés et aux malades d’accéder rapidement aux traitements nécessaires.

Cette alerte intervient alors que les autorités congolaises poursuivent les efforts de riposte contre la nouvelle flambée d’Ebola, notamment en Ituri et dans les zones voisines. Si le gouvernement entend s’appuyer sur l’expérience acquise lors des précédentes épidémies, les acteurs humanitaires rappellent que la persistance de l’insécurité risque de compliquer davantage les opérations de prise en charge et de sensibilisation.

Entre guerre, déplacements forcés et crise sanitaire, les populations de l’est du pays continuent ainsi de faire face à une accumulation de vulnérabilités. Une réalité qui rappelle que, derrière les chiffres, ce sont des milliers de familles qui vivent chaque jour dans l’incertitude, en attendant un retour durable à la paix et à la stabilité.

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