
Alors que le débat sur une éventuelle révision de la Constitution continue de diviser la classe politique congolaise, le professeur Alphonse Maindo estime que les priorités de la RDC se trouvent ailleurs. Pour cet universitaire, les difficultés auxquelles le pays est confronté relèvent davantage de problèmes de gouvernance que des limites du texte constitutionnel.
Le débat autour de l’avenir de la Constitution du 18 février 2006 continue d’alimenter les échanges dans les milieux politiques, universitaires et citoyens. Parmi les voix qui s’élèvent contre une éventuelle réforme du texte fondamental figure celle du professeur Alphonse Maindo, qui juge cette initiative inadaptée au contexte actuel de la République démocratique du Congo.
Intervenant dans le cadre des discussions sur l’évolution des institutions du pays, l’universitaire a exprimé de sérieuses réserves quant à l’opportunité d’engager un processus de révision constitutionnelle alors que la RDC est confrontée à de multiples défis sécuritaires, sociaux et économiques.
Selon lui, la priorité devrait être accordée à la résolution des problèmes qui affectent directement la population. Il cite notamment l’insécurité persistante dans l’Est du pays, les crises sanitaires récurrentes, la dégradation des infrastructures de base, les difficultés du système éducatif ainsi que la précarité grandissante des conditions de vie de nombreux Congolais.
Pour Alphonse Maindo, attribuer les difficultés actuelles du pays à la Constitution constitue une lecture erronée de la situation. À ses yeux, le véritable enjeu réside dans la manière dont les institutions fonctionnent et dans le respect des règles déjà établies.
« Le problème de la RDC n’est pas la Constitution, mais la façon dont elle est appliquée », soutient-il, estimant qu’une bonne gouvernance et un respect rigoureux des textes existants pourraient produire davantage de résultats qu’une modification du cadre constitutionnel.
L’universitaire défend ainsi l’idée selon laquelle le pays a davantage besoin d’un changement de pratiques et de comportements au sommet de l’État que d’un changement du texte fondamental.
« Il faut changer l’homme plutôt que la Constitution », affirme-t-il, résumant sa position sur la question.
Cette prise de position intervient dans un contexte marqué par l’adoption à l’Assemblée nationale de la proposition de loi sur l’organisation du référendum, un texte qui alimente les spéculations sur une possible révision constitutionnelle. Les partisans de cette démarche y voient un mécanisme démocratique permettant au peuple de se prononcer directement sur les grandes orientations institutionnelles du pays. À l’inverse, plusieurs acteurs politiques, membres de la société civile et universitaires redoutent une initiative susceptible de raviver les tensions politiques.
Pour Alphonse Maindo, engager un tel débat dans les circonstances actuelles risque d’éloigner davantage l’attention des véritables préoccupations des citoyens. Il estime que la population attend avant tout des réponses concrètes en matière de sécurité, d’emploi, d’éducation et d’amélioration des conditions de vie.
L’enseignant-chercheur considère dès lors toute démarche de révision constitutionnelle comme « inopportune » et « illégitime » tant que les défis fondamentaux auxquels fait face le pays demeurent sans solution durable.
Alors que le débat se poursuit à travers le pays, les positions continuent de se cristalliser entre les défenseurs d’une adaptation du cadre institutionnel et ceux qui, à l’instar du professeur Alphonse Maindo, plaident pour une amélioration de la gouvernance et une application effective des dispositions déjà prévues par la Constitution de 2006.

Juriste | Journaliste | Entrepreneur | Fondateur de YOKA INFOS