
Deux membres de la communauté autochtone pygmée ont été tués lors d’une attaque menée par des hommes armés dans le territoire de Kabare, au Sud-Kivu. Ce nouveau drame ravive les inquiétudes des peuples autochtones, qui dénoncent une détérioration continue de leur sécurité et appellent les autorités à intervenir rapidement.
La situation sécuritaire demeure préoccupante dans plusieurs localités du territoire de Kabare, au Sud-Kivu. Dans la soirée du 10 juin 2026, deux membres de la communauté autochtone pygmée ont perdu la vie lors d’une attaque perpétrée par des hommes armés dans le village de Combo, situé dans la zone de Bunyungulu.
Selon des sources locales, les victimes ont été identifiées comme Nankomo Nyabushoshera et Kavuguru Kangere. Elles auraient été atteintes par balles lors de l’incursion d’assaillants non encore identifiés.
Ce nouvel épisode de violence a suscité une vive émotion au sein des communautés autochtones de la région. Le secrétaire provincial des peuples autochtones, Safari Mufanzara, a exprimé son inquiétude face à ce qu’il considère comme une aggravation de l’insécurité visant particulièrement les populations pygmées.
« Depuis que les affrontements ont commencé la semaine passée, nous, les peuples autochtones, sommes devenus la cible », a-t-il déclaré.
D’après ses explications, les assaillants auraient semé la terreur durant plusieurs heures dans la zone. Les habitants, pris de panique, ont été contraints de fuir leurs domiciles pour chercher refuge dans des villages voisins ou auprès de familles d’accueil.
« Nous continuons à déplorer cette situation qui a causé la mort de deux de nos frères. Il y avait une sœur et un frère, tous atteints par balles. Des hommes armés se sont introduits à Bunyungulu et ont tiré de 19 heures jusqu’à 2 heures du matin », a ajouté Safari Mufanzara.
Au-delà du bilan humain, cette attaque a provoqué de nouveaux déplacements de population. Plusieurs familles autochtones vivent désormais dans des conditions précaires, sans assistance suffisante et exposées aux intempéries. Les responsables communautaires alertent sur la vulnérabilité croissante de ces populations, déjà confrontées à de nombreuses difficultés socio-économiques.
Cette attaque intervient dans un contexte sécuritaire tendu dans plusieurs villages habités par les peuples autochtones, notamment à Muyange, Kafurumaye et désormais Combo. Les violences répétées alimentent un climat de peur et renforcent le sentiment d’abandon ressenti par les communautés concernées.
Face à cette situation, les représentants des peuples autochtones appellent les autorités provinciales et nationales à renforcer la protection des civils et à prendre des mesures urgentes pour prévenir de nouvelles attaques. Ils plaident également pour une assistance humanitaire en faveur des familles déplacées et des survivants.
Alors que les circonstances exactes de cette incursion restent à élucider, ce drame rappelle une nouvelle fois la fragilité de la situation sécuritaire dans plusieurs zones du Sud-Kivu. Pour les communautés autochtones de Kabare, l’urgence est désormais de retrouver la sécurité et de bénéficier d’une protection effective afin d’éviter que de nouvelles vies ne soient emportées par la violence.
