
Face à la pénurie de carburant qui secoue Kisangani et plusieurs territoires de la Tshopo, les autorités provinciales ont décidé d’encadrer les prix de vente de l’essence. Dans un communiqué consulté par la rédaction de Yoka Infos, le ministère provincial de l’Économie annonce un barème officiel et met en garde les opérateurs impliqués dans la spéculation.
Alors que la crise du carburant continue de perturber les activités socio-économiques à Kisangani, le gouvernement provincial de la Tshopo tente de reprendre le contrôle de la situation. Depuis plusieurs jours, les usagers sont confrontés à une rareté croissante de l’essence, accompagnée d’une hausse spectaculaire des prix dans plusieurs stations-service et points de vente informels.
Pour répondre à cette situation, le ministère provincial en charge de l’Économie a publié, ce lundi 1er juin 2026, un communiqué de presse visant à clarifier les prix applicables sur l’ensemble du territoire provincial.
Dans ce document consulté par la rédaction de Yoka Infos, les autorités indiquent avoir constaté non seulement une carence en produits pétroliers, particulièrement en essence, mais également une flambée des prix attribuée à des pratiques spéculatives observées sur le marché.
« Depuis peu, il s’observe sur toute l’étendue de la province de la Tshopo et particulièrement dans la ville de Kisangani, non seulement la carence en produits pétroliers spécifiquement de l’essence mais aussi la hausse du prix de ce produit », souligne le communiqué.
À l’issue de concertations avec les parties concernées, le gouvernement provincial a arrêté de nouveaux prix de référence en fonction de la provenance du carburant. Ainsi, le litre d’essence provenant de l’Est est fixé à 5 000 francs congolais, tandis que celui acheminé depuis l’Ouest devra être vendu à 3 500 francs congolais.

Cette décision intervient dans un contexte marqué par une vive tension au sein de la population. Ces derniers jours, plusieurs files d’attente ont été observées devant certaines stations-service de Kisangani, tandis que les tarifs de transport ont connu une hausse dans plusieurs quartiers de la ville.
Les conséquences de cette situation se font ressentir bien au-delà du secteur des transports. Commerçants, conducteurs de motos-taxis et simples consommateurs dénoncent une augmentation généralisée du coût de la vie, alimentée par les difficultés d’approvisionnement en carburant.
Déterminées à faire respecter les nouveaux tarifs, les autorités provinciales préviennent que des sanctions seront prises contre les contrevenants.
« Le ministère provincial en charge de l’Économie attire l’attention des parties impliquées que celle qui n’obtempérera pas à cette ligne de conduite subira la rigueur de la loi conformément aux prescrits des textes qui régissent le secteur », avertit le communiqué.
Pour de nombreux observateurs, cette mesure constitue une première réponse à une crise qui continue de susciter inquiétudes et mécontentement au sein de la population. Toutefois, plusieurs habitants attendent désormais des actions concrètes visant à rétablir durablement l’approvisionnement en carburant et à éviter de nouvelles perturbations.
En attendant une stabilisation du marché, les autorités provinciales misent sur le respect des prix fixés et le renforcement des contrôles pour protéger les consommateurs contre les abus. La réussite de cette démarche dépendra cependant de l’effectivité de son application sur le terrain et de l’évolution des conditions d’approvisionnement dans les jours à venir.

Juriste | Journaliste | Entrepreneur | Fondateur de YOKA INFOS