
L’Assemblée nationale tiendra ce mardi 2 juin 2026 une séance plénière à huis clos consacrée à l’évaluation de l’état de siège en vigueur dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu. Selon un communiqué consulté par l’équipe rédactionnelle de Yoka Infos, plusieurs membres du gouvernement sont attendus devant les députés nationaux pour faire le point sur cette mesure exceptionnelle instaurée depuis mai 2021.
L’avenir de l’état de siège sera au centre des débats à l’Assemblée nationale ce mardi 2 juin. Dans un communiqué officiel consulté par l’équipe rédactionnelle de Yoka Infos, le Bureau de la chambre basse du Parlement invite les députés nationaux à prendre part à une séance plénière à huis clos qui se tiendra à partir de 13 heures dans la salle des Congrès du Palais du peuple à Kinshasa.
À l’ordre du jour figure notamment l’évaluation de l’état de siège, conformément aux dispositions du règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Pour cet exercice, plusieurs membres du gouvernement ont été conviés afin d’éclairer la représentation nationale sur les résultats, les défis et les perspectives de cette mesure sécuritaire exceptionnelle.
Parmi les personnalités attendues figurent le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Sécurité et Affaires coutumières, le Vice-Premier ministre de la Défense nationale et Anciens combattants, le ministre d’État chargé de la Justice ainsi que la ministre d’État en charge des Affaires sociales, Action humanitaire et Solidarité nationale.
Cette réunion intervient dans un contexte marqué par une recrudescence des violences dans plusieurs zones de l’Est de la République démocratique du Congo. Ces derniers jours encore, des attaques attribuées aux ADF ont été signalées dans le territoire de Beni, au Nord-Kivu, tandis que les affrontements entre groupes armés et forces engagées sur différents fronts continuent d’alimenter les inquiétudes des populations civiles.
Instauré en mai 2021 par le président Félix Tshisekedi, l’état de siège avait pour objectif de permettre une réponse plus efficace à l’insécurité persistante dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. Cette mesure exceptionnelle a entraîné le remplacement des autorités civiles par des responsables militaires et policiers à la tête des administrations provinciales concernées.

Cependant, après plusieurs années d’application, le débat sur son efficacité reste ouvert. Plusieurs élus, acteurs de la société civile et organisations citoyennes réclament régulièrement une évaluation approfondie de ses résultats au regard de la persistance des attaques armées et de la situation humanitaire dans les zones concernées.
La séance prévue à huis clos pourrait ainsi permettre aux députés nationaux d’obtenir des informations détaillées sur l’évolution de la situation sécuritaire, les opérations menées sur le terrain ainsi que les difficultés rencontrées dans la mise en œuvre de cette mesure.
Au-delà de l’aspect sécuritaire, les discussions devraient également aborder les conséquences humanitaires et sociales des violences qui continuent d’affecter des milliers de familles dans l’Est du pays.
Alors que les attentes de la population demeurent élevées, cette évaluation parlementaire pourrait constituer une étape importante dans la réflexion sur l’avenir de l’état de siège et sur les stratégies à privilégier pour restaurer durablement la paix dans les provinces les plus touchées par l’insécurité.

Juriste | Journaliste | Entrepreneur | Fondateur de YOKA INFOS