
Le Fonds de Réparation des Victimes des Activités Illicites de l’Ouganda en République Démocratique du Congo (FRIVAO) est au cœur de graves dysfonctionnements financiers et organisationnels. Devant le Sénat, le ministre de la Justice a présenté ce mardi 5 mai 2026 un état des lieux préoccupant, accompagné d’un plan de redressement visant à restaurer la transparence et la crédibilité du mécanisme d’indemnisation.
Le ministre de la Justice est intervenu ce mardi 5 mai 2026 devant la chambre haute du Parlement pour exposer la situation du FRIVAO, fonds chargé de l’indemnisation des victimes des violations attribuées aux activités illicites de l’Ouganda en République Démocratique du Congo.
Selon les informations présentées, sur une enveloppe globale de 195 millions de dollars disponibles, seuls 28 millions auraient été effectivement versés aux bénéficiaires. Un écart jugé préoccupant, qui soulève des interrogations sur la gestion et la traçabilité des fonds destinés aux victimes.
Autre point d’inquiétude évoqué, l’évolution du nombre de bénéficiaires, passé de 3 000 à plus de 14 000 personnes. Cette forte augmentation est considérée comme un signal de possibles irrégularités, voire de fraudes dans l’enregistrement des victimes.Face à cette situation, le ministre de la Justice a présenté un plan de redressement structuré autour de trois axes principaux. Il s’agit notamment de l’assainissement financier et organisationnel du FRIVAO, de la mise en place d’un audit indépendant du fichier des bénéficiaires, ainsi que de l’adoption d’un manuel de procédures transparentes pour encadrer la gestion du fonds.
Des mesures immédiates ont également été annoncées, parmi lesquelles la suspension du président du Conseil d’administration et la réorganisation des organes de gestion du FRIVAO.
Concernant la suite du processus d’indemnisation, les autorités indiquent que la reprise des paiements se fera en deux étapes : d’abord les indemnisations collectives, puis les indemnisations individuelles, après nettoyage complet du fichier des bénéficiaires.
Le gouvernement prévoit en parallèle de mobiliser des ressources complémentaires, notamment issues du secteur minier, en attendant le règlement intégral des réparations dues par l’Ouganda.
Le ministre de la Justice a insisté sur la nécessité de transformer le FRIVAO en un instrument crédible de justice réparatrice, fondé sur la transparence, la rigueur de gestion et la redevabilité dans l’utilisation des fonds publics.

Juriste | Journaliste | Entrepreneur | Fondateur de YOKA INFOS