Genève : Samuel Mbemba alerte la communauté internationale sur les violations commises par le Rwanda et ses supplétifs

En marge du segment de haut niveau du Conseil des droits de l’homme, clôturé mercredi 25 février 2026 à Genève, le ministre des Droits humains, Samuel Mbemba, a appelé la communauté internationale à sanctionner le Rwanda pour les exactions commises dans l’Est de la RDC.
Lors de son intervention, Samuel Mbemba a dénoncé le silence international face aux violations en RDC, le qualifiant non pas de neutralité mais de complicité. Il a accusé le Rwanda et ses supplétifs de l’AFC/M23 d’avoir pris en otage près de 30 000 exploitants artisanaux à Rubaya, leur imposant une production quotidienne de 3 kg de coltan.
Le ministre a présenté aux médias internationaux un rapport récent de son ministère, publié à Kinshasa, qui documente les exactions commises par le Rwanda et ses alliés à Goma, Bukavu et dans leurs environs, zones qu’ils occupent depuis douze mois. Parmi les chiffres alarmants figurent, 1 femme violée toutes les 4 minutes, 17 015 atteintes à la vie et à l’intégrité physique, et 7 millions de déplacés forcés.
Samuel Mbemba poursuivra sa mission de sensibilisation ce week-end à Ottawa, au Canada, devant les étudiants de l’Université Saint-Paul, pour attirer davantage l’attention sur la situation humanitaire et sécuritaire dans l’Est de la RDC.
Ce rapport du gouvernement congolais fait suite à celui du Groupe d’experts de l’ONU, qui avait déjà mis en évidence la dégradation sécuritaire dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu. Selon les experts onusiens, l’AFC/M23 agit comme une autorité de substitution à l’État congolais, assumant des fonctions administratives, judiciaires et sécuritaires dans les zones qu’il contrôle, avec le soutien de la Force de défense rwandaise.
Cette situation permet au mouvement rebelle d’exploiter les ressources minières de la région, notamment près de la moitié de la production de cassitérite et de coltan, ainsi que plus des deux tiers de la wolframite. Le rapport souligne que malgré certains efforts de médiation, les affrontements violents se poursuivent, accentuant la crise humanitaire dans l’Est du pays.

Journaliste|PDG du média YOKA INFOS
