Tshopo : L’Assemblée provinciale passe au crible le réquisitoire Mvonde visant le gouverneur Lendongolia

À peine réhabilité par la Cour constitutionnelle, le gouverneur de la Tshopo, Paulin Lendongolia, se retrouve de nouveau au cœur d’une tempête politico-judiciaire.
L’Assemblée provinciale examine un réquisitoire du procureur général Firmin Mvonde sollicitant l’ouverture d’une instruction à son encontre.
À Kisangani ce samedi 3 janvier 2026, le climat politique demeure électrique dans la province de la Tshopo. Réuni en séance de travail, le Bureau de l’Assemblée provinciale, conduit par son président Mateus Kanga Londimo, a consacré l’essentiel de ses échanges à l’analyse approfondie d’un réquisitoire transmis par le Procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde.
Ce document vise le gouverneur provincial Paulin Lendongolia Lebabonga, soupçonné de faits graves liés à la gestion des finances publiques.
Ce nouvel épisode intervient quelques semaines seulement après la réhabilitation du gouverneur par la Cour constitutionnelle, à la suite de sa destitution intervenue en octobre 2025. Une décision judiciaire qui avait déjà suscité de vives réactions au sein de la classe politique provinciale.
Selon les explications livrées par le Bureau de l’Assemblée, le réquisitoire du parquet ne constitue pas une mise en accusation formelle du gouverneur, mais une demande d’autorisation d’instruction, conformément aux dispositions du règlement intérieur de l’organe délibérant.
Une nuance juridique jugée essentielle par les élus, même si elle n’atténue en rien la gravité des soupçons évoqués.
Les députés provinciaux ont toutefois relevé une erreur matérielle contenue dans le document, notamment sur le nombre exact de députés ayant participé au vote de la déchéance du gouverneur.
Pour le Bureau, cette inexactitude de forme ne saurait occulter le fond du dossier, qui mérite un examen rigoureux.Face à l’importance et à la sensibilité du dossier, le Bureau de l’Assemblée provinciale a décidé de se constituer en commission spéciale d’examen.
Cette démarche vise à garantir le respect du principe du contradictoire et à permettre aux élus de se prononcer en toute responsabilité.
Dans ce cadre, deux auditions clés sont envisagées, celle du Procureur général Firmin Mvonde, ou de son représentant, ainsi que celle du gouverneur Paulin Lendongolia lui-même.
Une étape décisive qui pourrait peser lourd sur l’avenir politique du chef de l’exécutif provincial.Au-delà du sort personnel du gouverneur, cette affaire ravive le débat sur la lutte contre l’impunité, la gouvernance financière et l’équilibre des pouvoirs au niveau provincial.
Elle met également en lumière les relations parfois tendues entre les institutions provinciales et les juridictions nationales.
L’Assemblée provinciale se trouve désormais face à une décision aux conséquences majeures, autoriser l’ouverture de l’instruction judiciaire, au risque d’un nouveau séisme politique, ou s’y opposer, avec le danger d’alimenter durablement les soupçons autour de la gestion des fonds publics.
En attendant l’issue de cette procédure, la Tshopo retient son souffle.
Le dossier Lendongolia s’impose déjà comme l’un des feuilletons politico-judiciaires les plus sensibles du début de l’année 2026.
Abdoul ULAFIA

