
Des mouvements de retrait des éléments de l’AFC/M23 ont été observés ces derniers jours dans plusieurs localités de la plaine de la Ruzizi, au Sud-Kivu. Tandis que le mouvement rebelle évoque un geste de bonne foi dans le cadre du processus de paix, les autorités congolaises attribuent ce recul à une pression militaire et diplomatique accrue.
Depuis le week-end, plusieurs sources locales signalent un redéploiement des combattants de l’AFC/M23 dans certaines zones de la plaine de la Ruzizi et des hauts plateaux du Sud-Kivu. Dans le même temps, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont annoncé leur retour progressif dans plusieurs localités abandonnées.
Selon des informations relayées par des sources proches du mouvement rebelle, ce retrait serait volontaire et s’inscrirait dans une logique d’apaisement en faveur des efforts diplomatiques en cours pour la résolution de la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC.
L’AFC/M23 affirme notamment vouloir démontrer sa « bonne foi » à travers plusieurs initiatives déjà entreprises, parmi lesquelles le retrait antérieur de Walikale, l’ouverture de corridors humanitaires ainsi que la libération de détenus.
De son côté, l’armée congolaise présente une lecture différente de la situation. Les FARDC estiment que ce recul résulte principalement des opérations militaires menées sur le terrain ainsi que des pressions diplomatiques exercées contre les rebelles et leurs soutiens.
Selon les autorités militaires, les forces loyalistes ont déjà repris position dans plusieurs agglomérations situées entre Sange et Mutarule, tandis que les dernières positions de l’AFC/M23 seraient désormais concentrées vers Luvungi.
Cette évolution intervient dans un climat diplomatique particulièrement tendu. Dans une récente correspondance adressée au secrétaire d’État américain Marco Rubio, le coordonnateur politique de l’AFC/M23, Corneille Nangaa, a accusé Washington de partialité dans la médiation autour du conflit.
Le mouvement rebelle reproche également au gouvernement congolais le non-respect de certains engagements issus des discussions organisées à Montreux, en Suisse, notamment concernant la libération de détenus et la cessation de certaines opérations militaires dans les zones sous contrôle rebelle.
Malgré ces divergences d’interprétation, les mouvements observés dans la plaine de la Ruzizi suscitent de nouvelles attentes autour de l’évolution de la situation sécuritaire dans l’Est du pays, où les populations continuent de vivre sous la menace des violences armées.

Juriste | Journaliste | Entrepreneur | Fondateur de YOKA INFOS