
La Banque mondiale a annoncé une augmentation de son appui financier à la République démocratique du Congo dans le cadre de la riposte contre l’épidémie d’Ebola, portant son enveloppe globale à 73 millions de dollars américains. Ce financement vise à renforcer les interventions sanitaires en RDC tout en soutenant les efforts de prévention dans les pays voisins exposés au risque de propagation du virus.
La Banque mondiale intensifie son engagement aux côtés de la République démocratique du Congo pour faire face à la 17ᵉ épidémie d’Ebola qui touche principalement les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. L’annonce a été faite à Kinshasa à l’occasion de la visite de solidarité du président sud-africain Cyril Ramaphosa, quelques semaines après la déclaration officielle de l’épidémie.
S’exprimant au nom de l’institution financière internationale, le directeur pays de la Banque mondiale pour l’Angola, le Burundi, la RDC et Sao Tomé-et-Principe, Albert G. Zeufack, a confirmé une augmentation de l’enveloppe initialement prévue.
« Je voudrais ici réaffirmer le soutien de la Banque mondiale à la République démocratique du Congo en ces moments difficiles. Nous avons mis à la disposition de la RDC un montant de 63 millions de dollars américains. Je voudrais demander qu’on ajuste ces chiffres de 10 millions de dollars supplémentaires. Les ressources que nous mettons à disposition pour cette crise vont ainsi se chiffrer à 73 millions de dollars américains », a-t-il déclaré.
Selon le responsable de la Banque mondiale, ces ressources serviront à financer les activités de préparation, de surveillance, de prise en charge des malades et de renforcement de la résilience du système de santé congolais. Il a précisé qu’une partie importante de ces fonds est déjà mobilisée dans le cadre du Projet de préparation, de riposte et de résilience aux urgences sanitaires, mis en œuvre en partenariat avec le ministère de la Santé.
Albert G. Zeufack a insisté sur le fait que ces financements ne relèvent pas de simples annonces.
« Les ressources sont disponibles et en cours de décaissement pour financer le plan du gouvernement. Il ne s’agit pas d’une promesse de financement », a-t-il souligné.
Au-delà de la RDC, la Banque mondiale entend également soutenir les pays voisins afin de limiter les risques de propagation transfrontalière du virus. Dans cette perspective, le Burundi bénéficie déjà d’un financement de 10 millions de dollars destiné à renforcer ses capacités de préparation face à une éventuelle extension de l’épidémie.
Les dix millions de dollars additionnels accordés à la RDC proviennent du Global Financing Framework, un mécanisme international destiné à financer les réponses rapides aux urgences sanitaires. Pour la Banque mondiale, cette approche régionale est essentielle dans un contexte marqué par la mobilité des populations et les échanges transfrontaliers.
Cette annonce intervient alors que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a classé, depuis le 17 mai dernier, la flambée d’Ebola causée par la souche Bundibugyo comme une urgence de santé publique de portée internationale. L’organisation met notamment en garde contre les difficultés d’accès à certaines zones affectées par les conflits armés, l’absence de vaccin homologué contre cette souche et la fragilité des infrastructures sanitaires.
Malgré ces défis, les autorités congolaises affichent leur confiance dans la capacité du pays à contenir cette nouvelle flambée épidémique. Elles rappellent que la RDC dispose d’une solide expérience acquise lors de seize précédentes épidémies d’Ebola, toutes maîtrisées grâce à une mobilisation conjointe des autorités nationales et des partenaires techniques et financiers.
Avec ce renforcement de l’appui de la Banque mondiale, la riposte congolaise bénéficie d’un soutien financier supplémentaire destiné à accélérer les interventions sur le terrain. Les prochains jours seront déterminants pour transformer ces ressources en actions concrètes capables de freiner la propagation du virus et de protéger durablement les populations exposées.
