google-site-verification=khJV8gYQX3pqPdrOCccGsiqbSm3rRvgPUgZCBwmNYQI

16 juillet 2026
1284821
1284821

La tension est montée d’un cran mercredi 15 juillet 2026 devant l’Hôtel du Gouvernement à Kinshasa, où des médecins non alignés à la prime de risque affirment avoir été brutalisés lors d’un sit-in pacifique. Cet incident intervient dans un contexte de revendications sociales persistantes au sein du secteur de la santé, déjà marqué par une grève dans plusieurs établissements publics.

Des médecins réunis au sein du Collectif des médecins non primés dénoncent des violences commises à leur encontre lors d’un sit-in organisé devant l’Hôtel du Gouvernement, à Kinshasa. Les manifestants réclamaient leur alignement à la prime de risque ainsi que l’application des engagements pris par les autorités en faveur des professionnels de santé.

Le mouvement a débuté mardi 14 juillet, lorsque les médecins se sont rassemblés devant le bâtiment gouvernemental dans l’espoir d’obtenir une audience avec le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale. Selon les organisateurs, l’objectif était de présenter directement leurs revendications après plusieurs mois d’attente.

Faute d’avoir été reçus, plusieurs manifestants ont passé la nuit sur place. Le lendemain matin, ils affirment avoir été dispersés par les forces de l’ordre dans des conditions qu’ils qualifient de brutales.

Le coordonnateur de l’ONG Sauvons la Corporation Médicale, le Dr Bakandi Mbula Felly, dénonce des actes de violence à l’encontre des manifestants.

« Le matin, pendant qu’ils attendaient d’être reçus, la police les a brutalisés. Un médecin a été tabassé, d’autres ont été aspergés d’eau », a-t-il déclaré.

Au cœur des revendications figure le paiement de la prime de risque des médecins affectés par l’État mais qui, selon le collectif, n’en bénéficient toujours pas. Les manifestants rappellent que les accords conclus à Bibwa prévoyaient un alignement progressif des praticiens, à raison de plusieurs centaines par trimestre. Ils estiment toutefois que ce processus est aujourd’hui au point mort.

D’après les représentants du collectif, le dernier alignement remonterait au troisième trimestre 2025, laissant plusieurs milliers de médecins sans prime malgré leur présence effective dans les structures sanitaires publiques.

Cette mobilisation intervient alors que le secteur de la santé traverse une période de fortes tensions. Depuis le début du mois de juin, plusieurs hôpitaux publics fonctionnent au ralenti en raison d’un mouvement de grève. Les syndicats réclament notamment le paiement de plusieurs mois d’arriérés de salaire ainsi qu’une amélioration des conditions de travail.

Face à ce qu’ils considèrent comme un manque de réponse des autorités, certains professionnels de santé évoquent désormais un durcissement de leur mouvement à travers l’opération baptisée « hôpitaux sans médecins », qui pourrait affecter davantage le fonctionnement des établissements publics et l’accès aux soins pour les patients.

Au moment de la rédaction de cet article, les autorités gouvernementales n’avaient pas encore réagi officiellement aux accusations de violences formulées par les médecins. Les organisations de la corporation médicale demandent l’ouverture d’une enquête afin d’établir les circonstances de l’interpellation des manifestants et d’identifier les éventuelles responsabilités.

Cette nouvelle crise met en évidence les défis persistants auxquels est confronté le système de santé congolais. Au-delà des revendications salariales, plusieurs observateurs estiment qu’un dialogue constructif entre les autorités et les professionnels de santé demeure indispensable pour préserver la qualité des soins et éviter une aggravation des tensions dans les hôpitaux publics.

Par : Denis BAKUMANI

Laisser un commentaire