
La Haute Cour de Nairobi a ordonné la suspension provisoire d’un accord conclu entre le Kenya et les États-Unis concernant l’accueil de personnes exposées ou atteintes de la maladie à virus Ebola. Cette décision judiciaire intervient alors que Washington avait annoncé un important soutien financier destiné à renforcer les capacités sanitaires du Kenya face à la menace épidémique dans la région.
La justice kényane s’est invitée dans le débat sur la coopération sanitaire entre Nairobi et Washington. Dans une décision rendue publique le 29 mai 2026, la Haute Cour de Nairobi a suspendu temporairement un accord qui prévoyait l’accueil sur le territoire kényan de personnes exposées ou infectées par le virus Ebola.
Cette ordonnance interdit aux autorités concernées de mettre en œuvre ou de développer des infrastructures de quarantaine ainsi que des dispositifs thérapeutiques liés à cet accord, dans l’attente d’un examen approfondi du dossier par la justice.
La décision fait suite à une requête introduite par le Katiba Institute, une organisation engagée dans la défense de la gouvernance démocratique et du respect de la Constitution au Kenya. Les motifs détaillés de la contestation devront être examinés lors des prochaines audiences.
Cette suspension intervient dans un contexte marqué par une vigilance accrue des pays de la région face à la résurgence de la maladie à virus Ebola en Afrique de l’Est et dans la région des Grands Lacs. Les autorités américaines avaient déjà annoncé une enveloppe de 13,5 millions de dollars destinée à renforcer les capacités de préparation du Kenya face à une éventuelle propagation de la maladie.
Parallèlement, Washington affirme avoir mobilisé près de 112 millions de dollars pour soutenir les efforts régionaux de lutte contre Ebola, notamment en République démocratique du Congo et en Ouganda, où les autorités sanitaires poursuivent les opérations de surveillance, de prévention et de prise en charge des cas.
Pour plusieurs observateurs, cette décision judiciaire pourrait avoir des répercussions sur certains mécanismes de coopération sanitaire envisagés entre les deux pays. Elle souligne également l’importance du contrôle exercé par les institutions judiciaires sur les accords impliquant des enjeux de santé publique et de souveraineté nationale.
La prochaine audience dans cette affaire est fixée au 2 juin 2026. Elle devrait permettre à la justice kényane d’examiner plus en profondeur les arguments des différentes parties avant de statuer sur l’avenir de cet accord controversé.
En attendant, le projet demeure gelé, tandis que les autorités sanitaires de la région poursuivent leurs efforts pour prévenir toute propagation transfrontalière du virus Ebola.
Par : Delphin ANECO
