
Les chefs coutumiers de l’hinterland de Kananga ont exprimé leur inquiétude face à la multiplication du port de tenues traditionnelles par des personnes qu’ils jugent non habilitées. Reçus par le maire de la ville le lundi 7 juillet 2026, ils ont appelé les autorités provinciales à prendre des mesures pour préserver l’autorité coutumière et les valeurs culturelles.
Les chefs coutumiers des territoires entourant la ville de Kananga, dans la province du Kasaï Central, ont élevé la voix contre ce qu’ils considèrent comme une banalisation des symboles de l’autorité traditionnelle. Au cours d’une rencontre tenue le lundi 7 juillet 2026 avec le maire de Kananga, Rose Muadi Musube, ils ont dénoncé le port de tenues coutumières par des personnes qui, selon eux, ne disposent d’aucune légitimité pour arborer ces attributs.
Pour ces autorités traditionnelles, cette pratique porte atteinte à la dignité de l’institution coutumière et risque de semer la confusion au sein de la population. Elles estiment que les insignes et tenues traditionnels constituent des symboles d’autorité qui doivent être réservés aux personnes régulièrement investies conformément aux usages et aux textes en vigueur.
Les chefs coutumiers ont également fait part de leur préoccupation face à la présence fréquente, en milieu urbain, de certains responsables coutumiers qui quitteraient leurs entités sans les autorisations requises. Selon eux, certains chefs circuleraient à Kananga sans l’aval de leurs chefs de secteur ou des administrateurs de territoire, au détriment de leurs responsabilités auprès des communautés locales.
Au cours des échanges, la délégation a demandé au maire de Kananga de transmettre ses préoccupations aux autorités provinciales, notamment au gouverneur et à l’Assemblée provinciale, afin que des dispositions soient prises pour mettre fin à ces pratiques.
Les chefs coutumiers plaident également pour que les responsables traditionnels demeurent davantage dans leurs entités respectives afin d’assurer pleinement leur mission d’encadrement des communautés et de contribuer au développement local. Ils estiment que leur présence permanente sur le terrain est essentielle pour préserver les valeurs coutumières, régler les conflits communautaires et accompagner les initiatives de développement.
Cette démarche intervient dans un contexte où les questions liées au statut des autorités coutumières et à la protection du patrimoine culturel occupent une place croissante dans le débat public en République démocratique du Congo. Plusieurs acteurs plaident pour une meilleure valorisation des institutions traditionnelles, tout en veillant au respect des règles qui encadrent leur fonctionnement.
En attendant une éventuelle réaction des autorités provinciales, les chefs coutumiers espèrent que leurs préoccupations seront prises en compte afin de préserver le caractère sacré des attributs traditionnels et de renforcer le rôle de la chefferie coutumière dans la gouvernance locale.

Correspondant de YOKA INFOS à Kananga, au Kasaï-Central