
Au lendemain d’une journée « ville morte » marquée par des tensions et des interpellations, les activités reprennent progressivement dans la ville de Beni, au Nord-Kivu, où la population reste préoccupée par la situation sécuritaire.
Les activités socio-économiques ont repris de manière progressive ce vendredi 15 mai 2026 dans la ville de Beni, chef-lieu provisoire du Nord-Kivu, après une journée de paralysie observée la veille à l’appel de mouvements citoyens et de groupes de jeunes.
Depuis les premières heures de la matinée, plusieurs artères principales ont retrouvé une circulation partielle. Des commerces, boutiques et marchés ont rouvert timidement dans certains quartiers, tandis que les habitants recommencent progressivement à vaquer à leurs occupations quotidiennes.
Dans plusieurs établissements scolaires et universitaires, les cours ont également repris, même si certains parents demeurent prudents en raison des tensions enregistrées ces derniers jours dans la ville.
Jeudi 14 mai, une journée dite de « ville morte » avait été organisée pour dénoncer la persistance de l’insécurité dans la région de Beni, régulièrement touchée par des attaques attribuées aux rebelles des ADF. Cette mobilisation avait entraîné la fermeture de nombreux commerces ainsi qu’une perturbation des activités administratives et scolaires.
Au cours de cette journée de protestation, les forces de sécurité avaient été fortement déployées dans différents points stratégiques de la ville afin de prévenir d’éventuels débordements. La Police nationale congolaise avait annoncé l’interpellation de plusieurs personnes pour des faits liés notamment au trouble à l’ordre public.
Selon des sources sécuritaires, certains interpellés ont déjà été remis à leurs familles ou transférés devant les juridictions compétentes pour la suite des procédures.
Malgré cette reprise progressive des activités, le climat reste marqué par l’inquiétude d’une partie de la population face à la dégradation persistante de la situation sécuritaire dans plusieurs localités du territoire de Beni et de l’Ituri voisin.
Les habitants continuent d’appeler les autorités congolaises à renforcer les mesures de protection des civils afin de restaurer durablement la sécurité dans cette partie de l’Est de la République démocratique du Congo.
Aboul ULAFIA
