

Le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, a réagi aux critiques de l’ancien président Joseph Kabila sur la gestion économique de la République démocratique du Congo. Dans une publication sur X, vendredi 9 octobre 2026, il défend le bilan du gouvernement de Félix Tshisekedi, notamment en matière de dette publique, de réserves de change et de financement du développement.
Au cœur de cette réaction se trouve la question de la soutenabilité de la dette publique congolaise. Pour Doudou Fwamba, l’endettement ne doit pas être considéré uniquement comme une charge, mais également comme un instrument de financement des infrastructures et des priorités gouvernementales, à condition que son niveau reste maîtrisable.
« Assainir la dette publique est une chose ; utiliser celle-ci comme un levier de financement des infrastructures et des priorités du Gouvernement tout en maintenant sa soutenabilité […] résulte de la cohérence de l’action publique et d’une vision stratégique », affirme le ministre dans sa publication.
Pour défendre cette approche, Doudou Fwamba compare la situation économique de la RDC en 2019, à la fin du mandat de Joseph Kabila, à celle qu’il décrit pour 2026. Selon les chiffres qu’il avance, le produit intérieur brut (PIB) nominal serait passé d’environ 50 milliards de dollars américains en 2019 à 120 milliards en 2026. Les réserves de change seraient également passées de 1,3 milliard à 8 milliards de dollars, tandis que le budget de l’État serait passé de 4 milliards à 18 milliards de dollars.
Le ministre mentionne aussi une réduction du déficit du compte courant, qu’il situe à 1,3 % du PIB en 2024, ainsi que l’accès de la RDC aux marchés financiers internationaux et l’existence de trois programmes formels avec le Fonds monétaire international (FMI). Il présente ces évolutions comme des éléments qui distinguent la situation économique actuelle de celle héritée en 2019.
Doudou Fwamba élargit également son argumentaire aux politiques sociales et aux investissements publics. Il cite notamment la gratuité de l’enseignement primaire, la gratuité de la maternité et les initiatives en matière de couverture sanitaire, tout en évoquant les projets d’infrastructures et de développement local engagés sous la présidence de Félix Tshisekedi.
Dans sa publication, le ministre critique par ailleurs la gestion de l’ancien régime, qu’il accuse d’avoir manqué de transparence dans la publication de certains contrats miniers conclus avec des entreprises publiques. Il estime que cette situation avait notamment contribué à l’absence d’un programme formel avec le FMI à cette époque.
Cette confrontation de bilans intervient dans un contexte où la dette publique reste un sujet important du débat économique congolais. Toutefois, l’évolution du PIB, des réserves de change et du budget ne suffit pas, à elle seule, à établir la soutenabilité de la dette. Celle-ci dépend également du coût des emprunts, des échéances de remboursement, des recettes publiques et de l’utilisation effective des fonds mobilisés.
Au-delà de la controverse économique, Doudou Fwamba appelle à poursuivre les efforts de reconstruction du pays et invite les Congolais à participer au processus de dialogue national. Il exhorte également les groupes armés à déposer les armes et à privilégier une solution pacifique, alors que les violences continuent d’affecter l’est de la RDC.
Par cette réaction, le ministre entend défendre les résultats économiques revendiqués par le gouvernement de Félix Tshisekedi face aux critiques de son prédécesseur. Le débat sur la dette publique et le bilan des deux périodes devrait se poursuivre autour des données économiques disponibles, mais aussi des effets concrets des politiques publiques sur les infrastructures et les conditions de vie de la population.
Source : YOKA INFOS

Journaliste – Directeur de publication – Fondateur de YOKA INFOS
Raphaël ULAFIA ABDOUL est journaliste, directeur de publication et fondateur de YOKA INFOS. Licencié en droit, il assure la direction éditoriale du média et coordonne les activités de la rédaction. Il couvre principalement l’actualité politique, institutionnelle, judiciaire, sécuritaire, économique et sociale en République démocratique du Congo. À travers YOKA INFOS, il promeut un journalisme rigoureux, vérifié et accessible, au service de l’intérêt public.

