
En sa qualité de présidente du Conseil de sécurité des Nations unies pour le mois de juillet, la Première ministre de la RDC, Judith Suminwa Tuluka, a appelé la communauté internationale à transformer ses engagements en actions concrètes pour les survivantes de violences sexuelles liées aux conflits. Elle a insisté sur la nécessité de garantir un accès effectif à la justice, à la protection et aux réparations pour les victimes.
Lors de la 10190ᵉ séance du Conseil de sécurité tenue le mercredi 8 juillet 2026 à New York, consacrée au thème « Honorer la promesse du droit international envers les survivantes et survivants de violences sexuelles liées aux conflits », Judith Suminwa a rappelé que, plus de vingt-cinq ans après l’adoption de la résolution 1325 sur les femmes, la paix et la sécurité, les défis restent considérables.
Dans son intervention, la cheffe du gouvernement congolais a souligné que les femmes ne doivent plus être perçues uniquement comme des victimes des conflits, mais comme des actrices essentielles de la prévention, de la médiation, de la gouvernance et de la consolidation de la paix.
« La participation des femmes ne peut pas être symbolique. Elle doit leur donner un pouvoir réel d’influencer les décisions. La protection des survivantes ne peut pas être séparée de leur accès à la justice. Et les engagements du Conseil ne peuvent pas rester dans nos résolutions s’ils ne se traduisent pas dans les mandats, les budgets, les mécanismes de sanctions, les processus de paix et les politiques nationales », a-t-elle déclaré devant les membres du Conseil de sécurité.
La Première ministre a également salué les initiatives internationales visant à prévenir les violences sexuelles en période de conflit, notamment les travaux du Groupe informel d’experts sur les femmes, la paix et la sécurité ainsi que ceux de l’Alliance internationale pour la prévention des violences sexuelles en temps de conflit (PSVI Alliance). Elle a réaffirmé l’engagement de la RDC à contribuer activement à ces efforts.
Au-delà de la situation des survivantes, Judith Suminwa a attiré l’attention sur les enfants nés de violences sexuelles liées aux conflits. Selon elle, ces derniers doivent bénéficier pleinement de leurs droits, notamment en matière d’identité, de nationalité, d’accès à l’éducation, aux soins de santé et aux réparations, afin d’éviter que les conséquences de la guerre ne se transmettent d’une génération à l’autre.
Cette intervention intervient alors que l’est de la République démocratique du Congo demeure confronté à une insécurité persistante, marquée par les exactions des groupes armés et la multiplication des violences sexuelles contre les populations civiles. En portant cette question au plus haut niveau des Nations unies, Kinshasa entend maintenir la lutte contre l’impunité et la protection des victimes au cœur de l’agenda international pour la paix et la sécurité.
