
L’épidémie de maladie à virus Ebola poursuit sa progression en République démocratique du Congo avec la confirmation de deux cas à Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo. Cette évolution marque l’apparition du virus dans une ville jusque-là épargnée, alors que le pays enregistre déjà 1 759 cas confirmés et 600 décès.
L’Institut national de santé publique (INSP) a confirmé la détection de deux cas de maladie à virus Ebola à Kisangani, dans la province de la Tshopo. Cette annonce intervient alors que l’épidémie, déclarée le 15 mai dernier, continue de s’étendre dans l’est de la République démocratique du Congo, avec un bilan arrêté au 7 juillet faisant état de 1 759 cas confirmés, 600 décès et 750 personnes guéries.
Selon les autorités sanitaires, l’un des deux patients confirmés à Kisangani est lié à la zone de santé de Nia-Nia, en province de l’Ituri, principal foyer de l’épidémie. Le second cas, en revanche, ne présente à ce stade aucun lien géographique identifié en dehors de la ville de Kisangani, ce qui pousse les équipes de riposte à approfondir les investigations épidémiologiques.
Les deux prélèvements se sont révélés positifs au test PCR RADIONE. Des analyses complémentaires par RT-PCR, utilisant la technologie Altona, sont en cours afin de confirmer définitivement les résultats et de mieux documenter ces nouvelles contaminations. L’INSP précise que ces cas ne sont pas encore intégrés au bilan officiel de l’épidémie et seront comptabilisés après validation complète des analyses.
Face à cette situation, les autorités sanitaires ont indiqué que les différents piliers de la riposte sont progressivement déployés à Kisangani. Les opérations concernent notamment la surveillance épidémiologique, l’identification et le suivi des contacts, le renforcement des capacités de prise en charge ainsi que les actions de sensibilisation destinées à limiter la propagation du virus.
À ce jour, l’épidémie touche officiellement les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où 37 zones de santé sont concernées. L’Ituri demeure l’épicentre avec 25 zones affectées, devant le Nord-Kivu (11 zones) et le Sud-Kivu (une zone). La confirmation de deux cas à Kisangani constitue néanmoins un signal d’alerte pour la Tshopo, qui n’était jusqu’alors pas répertoriée parmi les provinces touchées.
Sur le terrain, les responsables de la riposte restent prudents quant à l’évolution de la situation.
« Nous aimerions dire qu’elle se stabilise, mais franchement, nous ne pouvons pas encore le dire », a déclaré Anne Ancia, représentante de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) en RDC, soulignant que l’ampleur réelle de l’épidémie n’est pas encore totalement connue.
De son côté, le directeur général du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), Jean Kaseya, a appelé à une lecture mesurée de la situation.
« Je ne dirais pas que c’est alarmant. Je dirais que l’épidémie est sérieuse », a-t-il affirmé.
Cette 17ᵉ épidémie d’Ebola recensée en République démocratique du Congo est causée par la souche Bundibugyo, contre laquelle aucun vaccin homologué n’est actuellement disponible. La riposte repose principalement sur le dépistage précoce, le suivi des contacts, les mesures de prévention ainsi que les soins de soutien. Un essai clinique supervisé par l’OMS est également en cours afin d’évaluer l’efficacité de nouveaux traitements expérimentaux.
L’apparition de cas confirmés à Kisangani rappelle que la vigilance demeure indispensable, y compris dans les zones jusqu’ici épargnées. Pour les autorités sanitaires, la rapidité de la détection, le renforcement des mesures de surveillance et la collaboration de la population seront déterminants pour limiter la propagation du virus et protéger les communautés exposées.
