
Après cinq années d’appui dans la zone de santé de Biyela, à Kinshasa, Médecins Sans Frontières (MSF) a officiellement mis un terme à son programme de prise en charge du VIH et de la tuberculose. L’organisation humanitaire transfère désormais l’ensemble de ses activités aux autorités sanitaires congolaises, avec l’objectif d’assurer la continuité des soins et de renforcer durablement le système de santé local.
La page se tourne pour l’un des programmes de santé communautaire menés par Médecins Sans Frontières (MSF) dans la capitale congolaise. Lancé dans la commune de Kimbanseke, le projet visait à améliorer l’accès au dépistage, aux traitements et au suivi des personnes vivant avec le VIH, tout en renforçant la prise en charge de la tuberculose, souvent associée aux formes avancées de l’infection.
Au cours de ces cinq années d’intervention, MSF indique avoir contribué à la mise sous traitement de plus de 470 patients. L’organisation fait également état de plus de 25 000 consultations de suivi, de 42 000 personnes dépistées et d’environ 250 000 habitants sensibilisés aux enjeux de la prévention et du dépistage précoce.
Au-delà de la prise en charge médicale, le programme s’est attaché à renforcer les capacités du système de santé local. Les centres de santé, les structures communautaires et les hôpitaux ont travaillé en réseau afin d’améliorer le diagnostic, l’orientation des patients et la continuité des soins.
MSF souligne que de nombreux patients diagnostiqués arrivaient dans les structures sanitaires à un stade avancé de la maladie, souvent avec des infections opportunistes comme la tuberculose. Cette réalité met en évidence l’importance du dépistage précoce et du renforcement des soins de santé primaires pour réduire les complications liées au VIH.
L’organisation a également investi dans la formation des ressources humaines. Plus de 130 professionnels de santé et environ 210 relais communautaires ont été formés aux techniques de dépistage, à la prise en charge des traitements antirétroviraux, au suivi des patients ainsi qu’à la collecte des données sanitaires. Un dispositif de prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant a également été consolidé grâce à un guichet unique intégrant plusieurs services.
Le retrait de MSF ne signifie toutefois pas un désengagement total de l’organisation à Kinshasa. Celle-ci précise qu’elle poursuivra son appui au Centre hospitalier de Kabinda pour la prise en charge des cas avancés de VIH, tout en maintenant des activités de prévention et de soutien auprès des centres de santé, des maternités et des structures communautaires.
Le transfert des activités aux autorités sanitaires s’inscrit dans une logique de pérennisation des acquis. En confiant progressivement la gestion du programme au système de santé congolais, MSF entend favoriser une prise en charge durable des patients tout en consolidant les compétences développées sur le terrain.
Dans un contexte où le VIH et la tuberculose demeurent des défis majeurs de santé publique en République démocratique du Congo, les autorités sanitaires sont désormais appelées à poursuivre les efforts engagés afin de garantir un accès continu aux soins, au dépistage et aux traitements pour les populations les plus vulnérables.
