
De violentes tensions ont éclaté mardi 30 juin 2026 à Bafwabango, dans le territoire de Mambasa (Ituri), à la suite d’un enterrement lié à un cas présumé d’Ebola. Les affrontements ont conduit à l’incendie d’un centre de traitement, à la mort d’un policier et à la fuite de plusieurs patients, compromettant les efforts de riposte contre l’épidémie.
La lutte contre la maladie à virus Ebola a connu un sérieux revers dans la province de l’Ituri. Le Centre de traitement Ebola (CTE) de Bafwabango, situé sur l’axe Nia-Nia–Isiro, a été incendié par des habitants en colère au cours d’une manifestation qui a rapidement dégénéré.
Selon les informations rapportées par les autorités locales, les violences ont éclaté lorsqu’une partie de la population s’est opposée à l’inhumation sécurisée d’une personne présentant des signes compatibles avec Ebola. La situation s’est ensuite détériorée, poussant le personnel soignant à abandonner les lieux pour préserver sa sécurité.
Dans la confusion, deux patients dont les cas avaient été confirmés positifs à Ebola ainsi que sept cas suspects ont quitté le centre de traitement, suscitant de vives inquiétudes quant au risque d’une propagation accrue du virus dans cette partie de l’Ituri.
Le chef du groupement Ngayo, Alexis Mungaki, a indiqué qu’un policier a été tué au cours des violences et que son corps a été incendié. Les manifestants ont également détruit des médicaments et plusieurs équipements utilisés dans la prise en charge des malades.
« Il y a des leaders qui propagent de fausses informations en disant aux populations que c’est l’État qui est à la base de la maladie Ebola », a déploré Alexis Mungaki, dénonçant la désinformation qui alimente la méfiance d’une partie de la population envers les équipes de riposte.
L’autorité coutumière affirme également que des individus venus du Nord-Kivu inciteraient certains habitants à saboter les actions entreprises pour lutter contre l’épidémie. Selon lui, après avoir dispersé les agents de la Croix-Rouge, des jeunes ont transporté le corps de la victime à travers le village, une pratique susceptible d’accroître les risques de contamination.
« C’est un danger qui expose la communauté », a-t-il averti, avant d’ajouter avec regret : « Je suis en colère. La maladie tue les gens ici mais nous avons brûlé le centre. Dans tout ça, c’est la population qui sera encore victime. »
Ces incidents surviennent alors que la République démocratique du Congo poursuit ses efforts pour contenir la 17ᵉ épidémie d’Ebola. Les derniers chiffres officiels font état de plus de 1 300 cas confirmés et de centaines de décès, tandis que des centaines de patients demeurent hospitalisés ou placés en isolement dans les provinces touchées.
La destruction d’une infrastructure sanitaire et la fuite de malades constituent un défi supplémentaire pour les équipes de riposte, qui poursuivent les opérations de surveillance, de prise en charge et de sensibilisation communautaire. Les autorités sanitaires et sécuritaires sont désormais appelées à restaurer le calme à Bafwabango, à retrouver les patients en fuite et à rétablir la confiance avec les populations afin d’éviter une aggravation de la situation épidémiologique.
