
Face à la recrudescence des attaques meurtrières attribuées aux rebelles ADF dans la région de Beni, l’évêque du diocèse catholique de Butembo-Beni, Mgr Melchisédech Sikuli Paluku, appelle les autorités congolaises à placer la restauration de la paix au cœur de leurs priorités. Le prélat dénonce également l’écart grandissant entre les préoccupations de la population et celles de la classe politique.
Dans un message de compassion et d’interpellation rendu public depuis Butembo, Mgr Melchisédech Sikuli Paluku a exprimé sa profonde inquiétude face à la dégradation persistante de la situation sécuritaire dans les territoires de Beni et Lubero ainsi que dans plusieurs zones voisines du Nord-Kivu et de l’Ituri.
Le responsable de l’Église catholique locale affirme que les populations continuent de payer un lourd tribut aux violences des groupes armés. Selon lui, les attaques récentes ont coûté la vie à plusieurs dizaines de civils ainsi qu’à des éléments des forces de sécurité, accentuant le climat de peur au sein des communautés affectées.
Dans son message, l’évêque regrette ce qu’il considère comme un décalage entre les attentes des populations confrontées à l’insécurité et certaines priorités du débat politique national.
« Il serait plus utile et urgent de se pencher sur la recherche de réponses adéquates à apporter aux attentes profondes de la population », a-t-il déclaré.
Mgr Sikuli a notamment invité le président Félix Tshisekedi à faire de la restauration de la paix une priorité absolue.
« La finalité du pouvoir, c’est d’abord le service du peuple », a-t-il rappelé, soulignant la nécessité de renforcer les efforts en faveur de la sécurité des citoyens et de l’intégrité du territoire national.
Le prélat a également appelé les élus nationaux à assumer pleinement leur responsabilité envers les populations qu’ils représentent. Il a par ailleurs encouragé les forces de défense et de sécurité à poursuivre leur mission avec davantage d’efficacité afin de protéger les civils et leurs biens.
Cette prise de position intervient après une série d’attaques meurtrières attribuées aux ADF dans la région de Beni et dans certaines localités du territoire de Mambasa, en Ituri. Alors que les appels à une réponse sécuritaire plus efficace se multiplient, la voix de l’Église catholique vient rappeler l’urgence de restaurer la paix dans une région éprouvée depuis plusieurs années par les violences armées.
