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2 juin 2026
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De nouvelles tensions sont signalées sur le lac Édouard après la saisie de plusieurs pirogues de pêche par des éco-gardes de l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN). Les pêcheurs de Kyavinyonge et Kasindi-Port estiment que cette opération compromet les efforts engagés récemment pour apaiser les différends dans le secteur.

La reprise des activités de pêche sur le lac Édouard est marquée par une nouvelle controverse. Des pêcheurs opérant dans les zones de Kyavinyonge et Kasindi-Port, au Nord-Kivu, dénoncent la saisie de plusieurs pirogues par les éco-gardes de l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN), survenue samedi 30 mai aux environs de 14 heures.

Selon un message transmis par des représentants des pêcheurs, cette opération est intervenue quelques jours seulement après la reprise des activités halieutiques, suspendues durant dix-huit jours de grève. Ce mouvement avait été observé dans l’attente des conclusions d’une commission provinciale et des recommandations formulées lors d’une table ronde organisée à Beni en présence des autorités provinciales.

D’après les informations communiquées par les pêcheurs, six pirogues auraient été saisies. Trois provenaient de Kyavinyonge, tandis que trois autres étaient exploitées depuis Kasindi-Port. Les engins auraient ensuite été conduits vers Kihangiro, selon les mêmes sources.

Les pêcheurs affirment que cette intervention serait liée au non-port de plaques d’identification exigées par l’ICCN. Toutefois, ils estiment que cette mesure intervient dans un contexte sensible et risque d’alimenter davantage les tensions entre les communautés de pêcheurs et les services chargés de la conservation.

« Cette opération compromet les efforts de dialogue engagés pour restaurer un climat de confiance », soutiennent certains représentants des pêcheurs, qui qualifient la saisie de « sabotage » de la reprise des activités.

Cette affaire survient alors que les communautés riveraines du lac Édouard font déjà face à plusieurs défis. Ces dernières semaines, la société civile locale avait notamment alerté sur les risques auxquels sont exposés les pêcheurs, après la disparition d’un homme emporté par un crocodile dans les eaux du lac. Plusieurs acteurs locaux estiment que les pêcheurs évoluent dans un environnement marqué à la fois par des contraintes sécuritaires, économiques et réglementaires.

À ce stade, aucune réaction officielle de l’ICCN n’était disponible concernant les circonstances exactes de cette saisie. Les pêcheurs appellent les autorités provinciales et nationales à s’impliquer afin de prévenir une nouvelle détérioration du climat social dans les zones de pêche.

Alors que les discussions autour de la gestion des ressources halieutiques se poursuivent, les communautés concernées espèrent une solution concertée capable de concilier les impératifs de conservation de la nature et les moyens de subsistance des populations vivant de la pêche sur le lac Édouard.

Par : Delphin ANECO

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