
Trois cas suspects de la maladie à virus Ebola sont actuellement placés en observation à Kisangani, dans la province de la Tshopo, où les structures sanitaires font face à de sérieuses difficultés de fonctionnement.
La ville de Kisangani vit dans un climat de vigilance renforcée après l’isolement de trois personnes suspectées d’être porteuses du virus Ebola.
Située à proximité des provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu, déjà touchées par l’épidémie, la Tshopo est considérée par les autorités sanitaires comme une zone à haut risque de propagation.
En attendant les résultats des analyses médicales, les cas suspects sont pris en charge dans des structures sanitaires confrontées à un important manque de moyens.
Selon le docteur Omba Gilbert, responsable d’un centre de traitement des épidémies à Kisangani, les difficultés actuelles compliquent considérablement la gestion des malades.
Il indique que plusieurs agents de santé ont quitté les centres faute de rémunération et de primes régulières.
D’après les chiffres communiqués par les responsables sanitaires, les centres comptaient encore, en septembre 2025, sept médecins, vingt-cinq infirmiers et plusieurs agents d’hygiène. Aujourd’hui, un seul médecin reste disponible avec une équipe fortement réduite.
Les structures sanitaires font également face à une pénurie de médicaments alors qu’elles assurent en parallèle la prise en charge des malades atteints du Mpox.
Face à cette situation, le personnel médical appelle les autorités sanitaires et les partenaires à intervenir rapidement afin d’éviter une aggravation de la crise.
Dans la ville, plusieurs habitants commencent déjà à renforcer leurs mesures de prévention contre Ebola.
Le port du cache-nez, l’utilisation des désinfectants et le lavage régulier des mains figurent parmi les comportements adoptés par certains habitants pour limiter les risques de contamination.
Des étudiants et d’autres habitants disent également éviter certains lieux publics jugés à risque, notamment les restaurants très fréquentés.
Cette nouvelle alerte sanitaire ravive les inquiétudes au sein de la population, alors que la souche du virus actuellement en circulation, dénommée Bundibugyo, avait déjà provoqué plusieurs décès en Ouganda lors d’une précédente épidémie.
Par : Gaston MUKENDI
