
L’Assemblée nationale examine ce mercredi une motion de défiance visant le VPM de l’Intérieur, dans un contexte politique marqué par de fortes tensions et des accusations multiples.
La plénière de ce mercredi 29 avril 2026 à l’Assemblée nationale est consacrée à l’examen de la motion de défiance initiée contre le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur et de la Sécurité, Jacquemain Shabani Lukoo. Déposée depuis plusieurs jours, cette initiative parlementaire arrive enfin en débat après un délai qui a suscité de nombreuses réactions au sein de la classe politique.
À l’origine de la démarche, un groupe de députés nationaux conduit par l’élu Laddy Yangotikala Senga, représentant de la ville de Kisangani dans la province de la Tshopo. Les signataires de la motion reprochent au membre du gouvernement plusieurs manquements dans l’exercice de ses fonctions régaliennes.
Parmi les griefs évoqués figurent notamment des accusations liées à la gestion de la sécurité publique, à la coordination de l’action gouvernementale dans les provinces, ainsi qu’à des pratiques jugées contraires au principe de séparation des pouvoirs. Les députés dénoncent également ce qu’ils qualifient d’atteinte à l’autonomie des institutions locales et de dysfonctionnements dans la gouvernance sécuritaire.
Le point le plus sensible de la motion concerne la situation sécuritaire générale dans le pays. Les initiateurs estiment que l’insécurité persistante dans plusieurs grandes villes et zones rurales traduit une faiblesse dans la chaîne de commandement du ministère de l’Intérieur. Ils citent notamment des cas récurrents d’insécurité urbaine, des violences attribuées à des groupes de jeunes délinquants, ainsi que des incidents signalés dans plusieurs provinces.
Cependant, l’initiative parlementaire n’a pas échappé à des turbulences politiques en amont de son examen. Plusieurs députés signataires auraient fait face à des pressions politiques, tandis que certains ont remis en cause l’authenticité de leur adhésion au texte. Des contestations ont même conduit à des procédures judiciaires autour du document, alimentant davantage les tensions.
Dans les couloirs politiques, cette motion divise également au sein de la majorité parlementaire. Certains cadres de la coalition au pouvoir appellent à privilégier la stabilité institutionnelle, tandis que d’autres estiment que le contrôle parlementaire doit s’exercer pleinement, y compris sur les membres du gouvernement.
Face à cette situation, le gouvernement défend le bilan du ministre de l’Intérieur et met en avant les efforts engagés pour renforcer la sécurité sur l’ensemble du territoire national. Des réunions politiques et consultations ont été multipliées en amont de la plénière afin d’harmoniser les positions au sein de la majorité.
La décision attendue de l’Assemblée nationale est donc scrutée avec attention, tant par la classe politique que par l’opinion publique, dans un contexte où les enjeux sécuritaires restent au cœur des préoccupations nationales.
L’issue de cette plénière pourrait influencer l’équilibre politique au sein de la majorité parlementaire et redéfinir les rapports entre le gouvernement et l’Assemblée nationale sur les questions de sécurité.

Juriste | Journaliste | Entrepreneur | Fondateur de YOKA INFOS