Tshopo : Réhabilité par la justice, rejeté par le peuple – le cas Paulin Lendongolia divise

La décision de la Cour constitutionnelle de réhabiliter Paulin Lendongolia au poste de gouverneur de la Tshopo suscite une vague d’indignation dans l’opinion. Si la légalité est désormais actée, la légitimité, elle, reste fortement contestée.
Réhabilité ce vendredi 26 décembre 2025 par la Cour constitutionnelle, Paulin Lendongolia reprend légalement son fauteuil de Gouverneur de la Tshopo. Mais sur le terrain, cette décision passe mal. Celui qui avait été écarté par un vote de l’Assemblée provinciale, sous pression d’une population excédée, reste largement désavoué dans la rue.
Ce retour judiciaire intervient après plus de douze mois d’un mandat qualifié par nombre d’observateurs et de citoyens comme l’un des plus décevants depuis le démembrement de la province. Son passage à la tête de l’exécutif provincial n’a laissé derrière lui que des projets inachevés, ni routes réhabilitées, ni écoles ou structures sanitaires modernisées, encore moins une amélioration du sort des agents provinciaux.
Les travaux annoncés en grande pompe, comme le mini-barrage de Banalia, la centrale solaire de Kisangani, ou encore le lancement avorté de « Tshopo Airlines », se sont révélés être des effets d’annonce sans suivi concret.
Mais au-delà de l’inefficacité perçue, c’est surtout la répression de la contestation qui aura marqué son mandat. La mort tragique du militant Joël Mbiya de Filimbi et l’arrestation arbitraire de Jedidia Mabela ont profondément entaché son image, alimentant l’accusation d’un pouvoir autoritaire.
Dans une tribune, le politologue et doctorant Abed-Négo Zacharie Kingombe salue le travail des députés provinciaux qui avaient agi au nom de la volonté populaire. Il appelle ces derniers à rester vigilants et à exercer leur devoir de contrôle, malgré ce revers judiciaire.

