Tshopo : Mateus Kanga passe à l’offensive judiciaire après des accusations de détournement

Après le rejet unanime du réquisitoire visant son président, l’Assemblée provinciale de la Tshopo ferme la porte aux poursuites. Mateus Kanga Londimo, de son côté, annonce une riposte judiciaire contre ce qu’il considère comme une campagne de diffamation fondée sur une vidéo manipulée.
L’Assemblée provinciale de la Tshopo a opposé un refus catégorique à la demande du Procureur général près la Cour de cassation, qui sollicitait l’autorisation d’engager des poursuites judiciaires contre son président, Mateus Kanga Londimo. La décision, prise à l’unanimité lors de la séance plénière tenue ce samedi, marque un tournant majeur dans un dossier devenu particulièrement sensible sur la scène politique provinciale.
À l’origine de cette affaire figure une enveloppe de 200 000 dollars américains, provenant du Fonds de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda en RDC (FRIVAO), destinée à une indemnisation collective. Des soupçons de détournement ont été relayés dans l’opinion publique, notamment à travers une vidéo largement partagée sur les réseaux sociaux.
Mateus Kanga Londimo rejette fermement ces accusations. Il affirme que les images diffusées ont été délibérément tronquées et sorties de leur contexte, dans le but de nuire à sa réputation. Estimant que son honorabilité a été gravement atteinte, le président de l’Assemblée provinciale annonce désormais son intention de porter l’affaire devant les juridictions compétentes.
Dans une communication officielle émanant du Bureau de l’Assemblée provinciale, il fait savoir que des actions judiciaires pour diffamation seront engagées contre les auteurs et diffuseurs des contenus incriminés. Pour lui, il s’agit non seulement de laver son nom, mais aussi de mettre un terme à ce qu’il qualifie de manœuvres malveillantes orchestrées contre sa personne.
« Lorsque des accusations infondées sont exposées publiquement, la seule voie responsable reste celle de la justice », a-t-il fait savoir, dénonçant une campagne de dénigrement construite à partir d’éléments manipulés.
Au-delà du cas individuel de Mateus Kanga, le rejet du réquisitoire soulève un débat plus large sur la judiciarisation des conflits politiques, l’impact des réseaux sociaux dans la fabrication de l’opinion et la vulnérabilité des responsables publics face à la désinformation numérique.
Dans un contexte provincial déjà marqué par des tensions politiques persistantes et une défiance accrue envers les institutions, la position adoptée par l’Assemblée provinciale apparaît comme une volonté affirmée de préserver ses prérogatives et de refuser toute mise en cause jugée prématurée de son leadership.
Il convient de rappeler que, face à une pétition l’accusant de détournement présumé, Mateus Kanga Londimo avait auparavant animé un point de presse pour apporter des éclaircissements. Certaines de ses déclarations, selon lui, auraient été isolées et déformées, alimentant ainsi la polémique actuelle.
Alors que la justice pourrait être prochainement saisie pour diffamation, le dossier reste ouvert et continue de susciter une vive attention au sein de l’opinion publique. Dans la province de la Tshopo, chaque nouvelle évolution est désormais scrutée avec une attention particulière.

Journaliste|PDG du média YOKA INFOS
