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11 avril 2026
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À Kisangani, la société civile et les autorités sanitaires accentuent la pression pour obtenir le déblocage effectif des fonds publics destinés à la planification familiale, dans un contexte marqué par une mortalité maternelle préoccupante.

Une séance de plaidoyer consacrée au décaissement des fonds alloués à la planification familiale s’est tenue ce mardi 31 mars 2026 à Kisangani, dans la salle du restaurant La Fauchette. Portée par le Groupe de Réflexion et d’Action pour la Promotion des Droits de la Femme et Fille (GRAPFF), en collaboration avec MSI RDC et avec l’appui de UK International Development, cette initiative vise à obtenir l’exécution effective d’une ligne budgétaire inscrite depuis plusieurs années, mais rarement matérialisée.

Face aux autorités politico-administratives et aux responsables sectoriels, les organisateurs ont insisté sur l’urgence de passer des engagements à des actions concrètes, dans un secteur où les besoins restent considérables.

Prenant la parole, la coordonnatrice du GRAPFF, Albertine Likoke, a dénoncé la récurrence d’un problème devenu structurel.

« Depuis six ans, une ligne budgétaire prévisionnelle pour l’achat des commodités de planification familiale est inscrite chaque année dans le budget provincial, mais elle n’est pas toujours décaissée. Cette fois-ci, nous avons renforcé notre stratégie », a-t-elle déclaré.

Au cœur des échanges, la situation de la santé maternelle dans la province de la Tshopo a été largement évoquée. La coordonnatrice provinciale du Programme national de la santé reproductive (PNSR), Dr Thérèse Marie Mokaria, a dressé un état des lieux préoccupant.

« La Tshopo se classe au deuxième rang national en matière de mortalité maternelle, avec un ratio de 169 décès pour 100.000 naissances vivantes en 2025, dont environ 13 % sont liés aux avortements clandestins », a-t-elle révélé.

Au-delà des chiffres, elle a mis en évidence un déficit critique en intrants médicaux essentiels, affectant directement la qualité de la prise en charge des femmes.

« Il y a un manque criant de commodités essentielles, notamment les médicaments vitaux dans les salles d’accouchement, les 13 médicaments traceurs ainsi que les produits contraceptifs utilisés dans la planification familiale », a-t-elle alerté.

Selon elle, cette insuffisance compromet les efforts visant à réduire les complications liées à la grossesse et à l’accouchement, notamment dans les structures sanitaires de la province.

En réponse, le ministre provincial de la Santé, Dr Simon Bokongo Kawaya, a tenu à rassurer les participants quant à l’engagement du gouvernement provincial à concrétiser cette ligne budgétaire.

« Le montant inscrit dans le budget provincial, soit 161.979.500 FC, destiné à l’appui de la planification familiale à travers l’achat des produits contraceptifs, sera effectivement alloué à cette fin », a-t-il assuré.

Il a également souligné la nécessité d’accompagner les efforts financiers par des actions de sensibilisation accrue.

« Il est impératif de renforcer l’éducation et la sensibilisation en matière de santé sexuelle et reproductive », a-t-il ajouté.

Au-delà des déclarations, cette rencontre apparaît comme un moment charnière dans la mobilisation des acteurs engagés pour l’amélioration de la santé reproductive dans la Tshopo. Entre engagements politiques et urgences sanitaires, l’attention se porte désormais sur la traduction effective des promesses en actions concrètes, condition indispensable pour réduire durablement la mortalité maternelle et améliorer la qualité des soins offerts aux femmes.

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