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Tshopo : Huit professeurs agressés en deux semaines à Kisangani, l’APUKIS alerte sur une insécurité grandissante

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La montée de l’insécurité visant les enseignants universitaires à Kisangani suscite une vive inquiétude. L’Association des Professeurs de l’Université de Kisangani (APUKIS) a dénoncé, ce lundi 22 décembre, une série d’attaques armées contre ses membres et appelle les autorités à des actions urgentes.

L’Association des Professeurs de l’Université de Kisangani (APUKIS) a élevé la voix face à la recrudescence des actes criminels ciblant les enseignants universitaires dans la ville de Kisangani. Lors d’un point de presse tenu ce lundi 22 décembre au centre MONACO, les responsables de l’association ont exprimé leur inquiétude devant une situation sécuritaire qu’ils jugent alarmante.

Selon le président de l’APUKIS, le professeur Jean-Pierre Lifoli, huit professeurs de l’Université de Kisangani ont été victimes d’attaques à leurs domiciles en l’espace de seulement deux semaines. Ces agressions, généralement perpétrées de nuit par des bandits armés, ont entraîné d’importantes pertes de biens matériels et plongé les victimes ainsi que leurs familles dans un climat de peur permanente.

Les enseignants s’interrogent sur les raisons de cette recrudescence d’attaques les visant directement, alors qu’ils ne disposent pas de moyens financiers ou matériels particuliers. Pour l’APUKIS, cette situation constitue une menace sérieuse non seulement pour la sécurité physique et psychologique des professeurs, mais également pour la continuité normale des activités académiques au sein des institutions universitaires de la province.

Face à la persistance de l’insécurité, l’association n’exclut pas des mesures fortes. Le professeur Jean-Pierre Lifoli a averti que les enseignants pourraient être contraints de suspendre le travail si aucune solution durable n’est trouvée. Il a souligné que les professeurs, souvent appelés à préparer leurs enseignements tard dans la nuit, se retrouvent aujourd’hui obligés d’assurer eux-mêmes leur sécurité et celle de leurs familles, malgré l’arsenal dont disposent les criminels.

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Cette vague d’insécurité ne se limite pas à l’Université de Kisangani. D’après l’APUKIS, des professeurs d’autres établissements de l’Enseignement Supérieur et Universitaire de la Tshopo, notamment ceux de l’IFA Yangambi, ont également été victimes d’actes similaires, illustrant ainsi l’ampleur du phénomène.

Pour le président de l’APUKIS, les conséquences de cette situation pourraient être lourdes pour la société. Il rappelle que la formation d’un professeur d’université requiert de longues années d’études et des investissements importants, et que la perte de plusieurs enseignants en un laps de temps réduit représenterait un préjudice considérable pour le système éducatif et pour le développement de la province.

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Afin de faire face à cette crise sécuritaire, l’APUKIS appelle les autorités politiques et sécuritaires à renforcer la présence policière dans les quartiers résidentiels des enseignants, à ouvrir des enquêtes sérieuses et à traduire les auteurs de ces actes devant la justice. L’association invite également la population, les étudiants et les parents à collaborer avec les forces de l’ordre afin de démanteler les réseaux criminels opérant dans la ville.

Par ailleurs, l’APUKIS annonce l’élaboration en cours d’un rapport de monitoring visant à documenter l’ensemble des agressions enregistrées ainsi que l’ampleur des pertes subies. Ce rapport servira de base pour plaider en faveur de l’indemnisation des victimes et pour exiger le rétablissement d’un climat de sécurité indispensable au bon fonctionnement des institutions universitaires à Kisangani.

Les professeurs touchés par ces attaques sont, à l’Université de Kisangani, les professeurs Julien Liengola, Gembu, Benoît Dheda, Arthur Cimwanga, Sifa, Twaka Kukule, Justin Kyale, ainsi que la famille du fils du professeur Bongilo. À l’IFA Yangambi, le professeur Faustin Lokinda figure également parmi les victimes.

En attendant des réponses concrètes des autorités compétentes, l’APUKIS affirme rester mobilisée et vigilante. L’association prévient que l’absence de mesures urgentes et efficaces pourrait conduire les enseignants universitaires à prendre des décisions susceptibles de perturber le fonctionnement normal de l’Enseignement Supérieur et Universitaire dans la province de la Tshopo.

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