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Tshopo : Entre absence de réalisations sociales et dépenses floues, le gouvernement provincial sous pression

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Les députés provinciaux ont sévèrement remis en cause, ce jeudi 27 novembre, la crédibilité du rapport d’exécution budgétaire présenté par le ministre des Finances, Patrick Valencio.
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Lors de la plénière tenue à l’Assemblée provinciale de la Tshopo, ce jeudi 27 novembre, plusieurs élus ont dénoncé l’opacité et les incohérences du rapport budgétaire présenté par le gouvernement déchu. Pour eux, ce document ne reflète en rien la réalité sur le terrain et laisse planer de sérieux doutes sur la gestion des fonds publics.

Le député provincial Freddy Yuma a été l’un des premiers à fustiger un rapport déconnecté de la réalité. Après des enquêtes menées sur plusieurs sites, il affirme n’avoir trouvé aucun justificatif pour certaines dépenses pourtant validées dans le document officiel. Il a également dénoncé la précarité extrême dans certaines écoles périphériques où les élèves continuent d’étudier à même le sol, faute de bancs à l’école Yalolia.

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« Comment justifier une telle négligence alors qu’avec seulement 5 000 dollars on pourrait réhabiliter le pont du PK21 ? », a-t-il interrogé.

Son collègue Bienvenu Bolongo a, lui aussi, remis en cause la véracité des dépenses sociales présentées par le gouvernement sortant. Il assure qu’aucune école n’a été construite ou réhabilitée, malgré les montants annoncés.

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« S’il y a une seule école réhabilitée, qu’on nous dise où. Peut-être à Lubuyawera, mais ailleurs, c’est le vide », a-t-il lancé, demandant au ministre des Finances d’indiquer précisément à quel moment les dépenses évoquées auraient été exécutées.

Dans le même registre, le député Grâce Likaka s’est indigné du désengagement total du gouvernement dans les secteurs sociaux, notamment dans son territoire d’Isangi. Il affirme être contraint d’intervenir personnellement dans des actions qui relèvent normalement de la responsabilité de l’exécutif provincial. Il a dénoncé l’absence d’investissements dans les écoles, les hôpitaux et les programmes agricoles, qualifiant le projet Samedi Bilanga de simple slogan vide.

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L’élu s’est également alarmé de l’absence de mesures concrètes pour la sécurité des populations.

Le climat s’est encore tendu lorsque le député Jupson Djeze Zonga, questeur de l’Assemblée, a évoqué l’unique réussite culturelle du gouvernement déchu, la venue de l’artiste Rebo à Kisangani.

« Pour le reste, c’est zéro », a-t-il martelé, estimant que l’exécutif n’a pratiquement rien accompli dans les secteurs essentiels.

Au cœur des interrogations figure également une dépense jugée suspecte : 65 millions de francs congolais décaissés pour la pose d’un dallage au pont Katchuya. Une somme qui a poussé le président de l’Assemblée provinciale, Mateus Kanga, à exiger des explications :

« Comment cela s’explique ? », a-t-il demandé publiquement.

Face à l’ampleur des critiques, le ministre provincial des Finances, Patrick Valencio, a sollicité un délai de 24 heures pour préparer des réponses détaillées aux préoccupations des élus. Une nouvelle plénière est ainsi programmée ce vendredi 28 novembre, au cours de laquelle il devra apporter des éclaircissements attendus avec fermeté.

La pression est désormais maximale sur l’exécutif provincial déchu, accusé de manque de transparence, d’absence de résultats concrets et de gestion douteuse des finances publiques. La séance de ce vendredi s’annonce décisive.

Abdoul ULAFIA

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