Tshopo : Échanges entre le GRAPFF et la Division du Budget sur le financement des produits contraceptifs

Le Groupe de Réflexion et d’Action pour la Promotion des Droits de la Femme et de la Fille (GRAPFF) a été reçu mardi 9 décembre à la Division provinciale du Budget de la Tshopo. Au centre des échanges, l’état d’avancement de la ligne budgétaire dédiée à l’achat des contraceptifs et intrants de planification familiale, en attente d’exécution depuis plusieurs années.
Dans son bureau, la cheffe de bureau à la Division du Budget et secrétaire du Comité Thématique Multi-Sectoriel Permanent (CTMP), Charlotte Barmani Liponge, a accueilli la délégation du GRAPFF conduite par sa coordonnatrice, Albertine Likoke Likula.
Selon Charlotte Barmani, le dossier suit un circuit administratif complexe.


« Il y a une note technique à actualiser, un passage obligatoire au cabinet du ministre provincial de la Santé, puis une validation en Conseil des ministres avant la transmission à la Cellule de passation des marchés publics », a-t-elle expliqué.
Elle a également souligné que les changements fréquents d’autorités politiques ont ralenti plusieurs démarches déjà engagées.
De son côté, la coordonnatrice du GRAPFF a insisté sur les conséquences directes de ce retard de financement. Dans plusieurs zones de santé de la Tshopo, l’accès aux méthodes contraceptives demeure limité, exposant de nombreuses femmes et adolescentes à des grossesses rapprochées, non désirées ou à haut risque.


« Les communautés nous signalent régulièrement des besoins urgents. Les femmes et les adolescentes continuent à souffrir du manque d’intrants essentiels », a déclaré Albertine Likoke.
Pour elle, l’exécution effective de cette ligne budgétaire pourrait contribuer à réduire des décès évitables et à améliorer les indicateurs de santé maternelle dans la province.
Plusieurs organisations actives dans le domaine de la santé sexuelle et reproductive, notamment le GRAPFF, l’EIB et AFADO, ont réaffirmé leur volonté de renforcer les actions de plaidoyer afin d’accompagner le processus jusqu’à son aboutissement.
Les échanges ont également porté sur la relance d’une commission interne de suivi au sein du CTMP. D’après Charlotte Barmani, ce mécanisme permettrait d’assurer la continuité du travail, malgré les contraintes de disponibilité des membres issus de différents secteurs.
« Il s’agit d’une structure multisectorielle, où chacun assume des responsabilités dans son secteur. Une commission dédiée permettrait d’avancer de manière plus soutenue », a-t-elle précisé.
La délégation a enfin évoqué la nécessité de poursuivre les démarches auprès d’autres acteurs clés, notamment le gestionnaire des crédits et la Cellule de passation des marchés publics. Une fois la procédure finalisée à ce niveau, il reviendra au gouvernement provincial d’autoriser le décaissement des fonds.
En relançant le dialogue autour d’un dossier en suspens depuis près de huit ans, le GRAPFF espère accélérer le déblocage d’un financement crucial pour la santé reproductive dans la Tshopo. Toutefois, au-delà des intentions affichées, l’effectivité du décaissement dépendra de la capacité des différentes parties à assurer un suivi rigoureux dans les prochaines semaines, un test décisif pour la mise en œuvre provinciale de la planification familiale.

Journaliste|PDG du média YOKA INFOS
