Sud-Kivu : Après l’occupation d’Uvira, LUCHA exige des comptes et la suspension des accords avec le Rwanda

Le mouvement citoyen LUCHA tire la sonnette d’alarme après la prise d’Uvira par les rebelles de l’AFC/M23. Il reproche aux autorités congolaises leur passivité et réclame des mesures fortes pour restaurer la confiance et la sécurité.
Ce 10 décembre 2025, le mouvement citoyen Lutte pour le changement (LUCHA) a publié un communiqué dans lequel il s’alarme de la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo, marquée par l’avancée fulgurante des rebelles de l’AFC/M23 soutenus par l’armée rwandaise jusqu’à l’occupation de la ville d’Uvira. Pour ce mouvement, cette évolution dramatique constitue un échec grave des responsables chargés de la défense nationale.
LUCHA accuse en effet les autorités congolaises d’insuffisance dans l’anticipation, la protection des civils et la défense du territoire. Cette plateforme citoyenne estime que la réaction de Kinshasa n’a pas été à la hauteur de la menace et réclame en conséquence la démission immédiate du ministre de la Défense ainsi que du chef d’état-major général des FARDC, évoquant un manquement manifeste à leurs responsabilités régaliennes.
Dans son message, LUCHA dénonce l’incapacité des autorités à empêcher l’effondrement de la situation sécuritaire et juge que la prise d’Uvira, devenue capitale provinciale de substitution depuis la perte de Bukavu en février dernier, témoigne d’une faille profonde dans la gestion militaire et politique du conflit.
Face à la détérioration persistante du terrain malgré les engagements pris dans l’accord de Washington, le mouvement appelle la population congolaise à une mobilisation citoyenne générale, estimant que l’avenir du pays est désormais menacé de manière existentielle.
LUCHA demande par ailleurs au gouvernement de suspendre l’application des accords économiques conclus avec le Rwanda et les États-Unis, tant que le cessez-le-feu n’est pas respecté et que les troupes rwandaises n’ont pas quitté le territoire congolais. Pour ce mouvement, il est incohérent de maintenir ces partenariats alors que l’intégrité nationale continue d’être violée.
La plateforme plaide également pour la convocation urgente d’un dialogue inclusif, rassemblant l’ensemble des forces vives du pays afin de surmonter les fractures internes et de proposer des solutions structurelles à la crise. Elle estime que le président Tshisekedi ne peut se résoudre à discuter avec les rebelles tout en refusant de dialoguer avec les autres composantes nationales.
Pendant que la pression militaire se poursuit dans le Sud-Kivu, le gouverneur provincial Jean-Jacques Purusi a déplacé son administration dans la ville de Baraka, dans le territoire de Fizi, sur les rives du lac Tanganyika, dans l’attente de l’évolution de la situation à Uvira.

Journaliste|PDG du média YOKA INFOS
